La Gayatri Mantra

Un très bel article de Clémentine: "Comment occuper son dimanche soir comme un yogi". C'est ici
 
 
De tous les mantras, le suprême et le plus puissant est le grand et glorieux Gayatri Mantra.
En raison de son appel et de sa teneur universelle, ce mantra ne peut être associé, à juste titre, à aucune religion particulière. Les Hindous en furent les gardiens ; ce sont eux qui l'ont enseigné et propagé à travers le monde. On pourrait dire que la Gayatri Mantra représente leur offrande à l'esprit de l'humanité et à l'Éveil de tous les êtres. Néanmoins, la portée de l'invocation du Gayatri est universelle, elle va bien au-delà de toutes les frontières et appartient au domaine laïc. 

Langue: le sanskrit.

OM BHUR BHUVAH SVAHA
Au cœur de l’expérience de la vie, C’est « Cela »,
TAT SAVITUR VARENYAM
La nature essentielle irradiant l’existence, Qui est l’adorable UN.
BHARGO DEVASYA DHIMAHI
Puissent tous les êtres percevoir, par un esprit subtil et méditatif,
DHIYO YONAH PRACHODAYAT
la splendeur de la conscience illuminée.

 
OM Le son primordial, à l'origine de la Création.
BHUR La terre, ce qui est grossier.
BHUVAH L'atmosphère, l'éther, le monde subtil.
SVAHA Le ciel, le monde au-delà de Bhuvah, le monde causal.
TAT Représente « Cela ». On qualifie l'Ultime Réalité de « Cela » car aucune parole ni langage ne peut la décrire
SAVITUR Représente le divin Savriti, le pouvoir vivifiant contenu au sein du soleil.
VARENYAM Adorer.
BHARGO Rayonnement, lustre, illumination.
DEVASYA La splendeur divine ou la Grâce.
DHIMAHI La vénération ou méditation sur plus grand que soi (la conscience universelle).
DHIYO YONAH PRACHODAYAT Il s'agit d'un vœu, d'une intention.

Les bienfaits du Gayatri
Si tu veux acquérir la sagesse commence d'abord par chanter le Gãyatri mantra.
Le Gãyatri mantra te permettra de sortir de la paresse et tu seras plein de bonne humeur et de joie. Tu te sentiras rempli de fraîcheur et d'enthousiasme, tout le temps.

Il aiguisera ton intelligence, et en peu de jours tu seras un homme différent. Par son pouvoir étonnant. Gãyatri mantra est réputé détruire tous les karmas antérieurs négatifs et apporter un soulagement immédiat. Il est estimé être la mère des Védas.

Chanter le Gãyatri mantra apporte immédiatement les fruits de la connaissance. Il apporte la purification du corps humain. En répétant le Gãyatri mantra un minimum de 108 fois par jour, ( ex : 36 fois le matin, 36 fois à midi et 36 fois le soir ), les faibles, verront leurs forces et leur santé s'améliorer.

Ce mantra peut être répété mentalement dans toute sorte d'endroits. Que ce soit en marchant, en conduisant en voyageant, allongé ou assis, il est possible de le répéter dans tous les états. Il est aussi bon de le réciter dans un lieu public.

Ce mantra à lui tout seul peut créer une vibration au sein d'une société, si une poignée de personne décide de le chanter. Ce mantra en général rétablit la paix dans une société. Il permet aussi d'éviter certains cataclysmes naturels, s'il est pratiqué correctement.

La psalmodie du Gayatri Mantra est destinée à nous aider à réaliser cette vérité. En tant que pratique spirituelle, elle est habituellement accomplie 108 fois. Si ce n'est pas possible, des multiples de 9 sont alors recommandés.

Durant l'énonciation des syllabes, des vibrations, ainsi que des longueurs d'onde d'une fréquence différente, sont produites. On observe certains bienfaits, grâce à cette psalmodie, comme un apaisement du système nerveux et un chargement d’électrons dans le champ énergétique du corps.

A la longue, il se créé chez la personne qui pratique le Gayatri Mantra une subtile transformation de la conscience, par un processus d'éveil puissant. Une purification des pensées et des émotions, une paix intérieure, l'expérience du divin en soi même et en autrui, tout cela peut être réalisé, par une pratique sincère et constante du Gayatri Mantra .

 Source: http://soleildelumiere.canalblog.com/archives/2013/07/22/27693142.html


André VAN LYSEBETH, dans son ouvrage J'apprends le Yoga, parle du mantra AUM en ce sens:



"Le "Au..." fait vibrer toute l'ossature de la cage thoracique, ce qui prouve que la vibration se communique à la masse d'air enfermée dans les poumons, et que la délicate membrane des alvéoles en contact avec l'air vibre elle aussi, ce qui stimule ces cellules pulmonaires et permet un meilleur échange gazeux. Les récents travaux de nos physiologistes occidentaux nous apprennent aussi que cette vibration produit des effets très marqués sur les glandes endocrines, auxquelles la science accorde une importance croissante. Le docteur Leser-Lasario, notamment, a consacré 25 ans de sa vie de savant à l'étude des effets produits par les vibrations vocales sur l'organisme humain. Ses travaux ont établi, avec une rigueur scientifique absolue, que l'émission de voyelles durant l'expiration provoquait un auto-massage vibratoire des organes. Ces vibrations atteignent les tissus les plus profonds et les cellules nerveuses ; la circulation sanguine s'intensifie dans les tissus et organes intéressés. Les glandes endocrines, qui déversent leurs hormones directement dans le sang et la lymphe, sont stimulés (hypophyse, pinéale, thyroïde, thymus, surrénales, gonades). Le sympathique et le nerf vague n'échappent pas à l'influence bénéfique des vibrations vocales. La musculature de l'appareil respiratoire se trouve à la fois relaxée et fortifiée. La respiration s'amplifie et, avec elle, l'apport d'oxygène dans tout le corps. Le vibromassage provoqué par l'émission des vocales "Au..." intéresse particulièrement les viscères de la cage thoracique et de l'abdomen. Des ondes électromagnétiques produites par cette vibration se propagent dans tout le corps et accroissent le dynamisme et la joie de vivre. La concentration s'améliore. Les expériences de Leser-Lasario ont prouvé que le corps tout entier se relaxe sous l'effet de ce vibromassage interne, qui, psychiquement, libère les inhibitions, dépressions et complexes d'infériorité en harmonisant tout le psychisme. D'ailleurs, n'est-ce pas par vibration que la musique produit en nous les émotions les plus diverses?

Le "mm" musé et vibré dans la tête, fait vibrer le cerveau et les nerfs crâniens."

Mais aussi, chez Clémentine: Ce qu’il se passe dans votre corps quand vous chantez Om


Le chant de Mantras et ses effets



Qu’ils soient chantés ou récités, 3, 21, 27, 54 ou 108 fois, mentalement ou à haute voix, seul ou en groupe, les mantras nous préservent de l’agitation permanente que notre mental subit à longueur de journée (et parfois à longueur de nuit aussi). Le première syllabe man- se réfère au manas, le mental, tandis que -tra signifie « ce qui protège ».



Mantra signifie donc « protection de la pensée », « protection du mental » et de ses facultés. Leur chant agit directement sur l’apaisement de la peur et des émotions négatives.



A propos du sanskrit


Le sanskrit est considéré comme la langue-mère de familles entières de langues. En plus de cela, elle est aussi la science des sons et des vibrations du langage, auxquels la tradition indienne a accordé beaucoup d’importance. Le sanskrit est directement en lien avec les vibrations de l’univers. C’est une langue qui permet d’explorer tous les possibles du son, à travers son expression orale, parlée ou chantée.



Effets des vibrations des mantras



Les sons des mantras produisent des vibrations dans le cerveau. Ces vibrations agissent aussi bien sur le plan physique que sur les plans psychique et subtil. Le chant des mantras crée des ponts de neurones entre les deux hémisphères cérébraux. Le chant participe donc à l’équilibration du cerveau.

Le chant quotidien des mantras entretient certaines résonances bénéfiques sur le(s) corps. La pratique régulière induit un changement graduel de la conscience. L’impact résonne dans chaque cellule. Les sons chantés imprègnent donc la matière.

Cela se ressent aussi au niveau des lieux. A titre d’exemple, les lieux dans lesquels les mantras ont été chanté pendant des années, ou des siècles, émanent des vibrations très élevées, longtemps après.

Ces sons, qui résonnent dans le corps et dans les chakras, sont entendus sur le plan subtil par les yogis avancés. Chaque son est imprégné d’une énergie particulière qui fait vibrer un organe ou un endroit spécifique du corps.



L’une des pratiques traditionnelles proposées est la récitation chantée de l’alphabet sanskrit… une pratique enrichissante qui permet d’expérimenter toute la puissance des sons… On en ressort vibrant d’énergie.


Deux enchaînements

Options: Après avoir lever les bras au ciel, on peut rajouter le chien tête en bas, lever une jambe puis l'autre avant de venir en feuille pliée.



Pris dans le livre "Mon année yoga" 

La vie comme enseignement



Tout ce qui vous ennuie 
vous enseigne la patience,
 
Quiconque vous abandonne 
vous enseigne comment vous tenir sur vos propres pieds,
 
Tout ce qui vous met en colère 
vous enseigne le pardon et la compassion,
 
Tout ce qui a du pouvoir sur vous 
vous enseigne comment reprendre votre pouvoir,
 
Tout ce que vous haïssez 
vous enseigne l'amour inconditionnel,
 
Tout ce dont vous avez peur 
vous enseigne le courage de dépasser votre peur,
 
Tout ce que vous ne pouvez pas contrôler 
vous enseigne comment lâcher prise.
 
(Cliquer sur le nom de l'auteur pour découvrir les commentaires du texte)

Le Sujet ultime : la Conscience



Rien ne peut être dit sur la conscience. Dès que nous parlons de quelque chose, ou que nous y pensons, nous créons une distance, une séparation. Or, la conscience est ce que nous sommes, notre nature véritable et la source de tout. L’esprit ne peut l’appréhender, l’expliquer, car le Sujet ultime ne peut se penser. Il est au-delà des formulations. Il est donc impossible d’y penser, de méditer dessus ou de se l’imaginer.
On ne peut qu’employer des mots évocateurs pour dire le non qualifiable : énergie, lumière, silence, vide. Nous parlerons donc d’une représentation mentale de la conscience.
Nous sommes la conscience. Parce que nous croyons que cela doit être expérimenté, nous essayons d’atteindre cette réalité. Or, la conscience ne peut être expérimentée. C’est le monde et tous ses phénomènes qui peuvent faire l’objet d’une expérience, jamais la conscience qui les contient.
Nous croyons nous connaître à travers tous ces objets de perception de la conscience que sont l’ego, la pensée, la sensation. Nous vivons en ayant toujours conscience de quelque chose. Or les objets n’ont pas de réalité sans un sujet qui les observe. Ce sujet, le Je ultime, ne peut être perçu. Nous ne pouvons jamais l’objectiver. Nous le cherchons en vain dans les pensées, les émotions, les sensations qui ne sont que ses reflets, ses expressions temporelles. La conscience ne peut être associée à rien d’apparent, elle n’est pas perceptible par les sens, ne peut être saisie par la pensée. Elle se manifeste par eux mais en reste détachée. Si nous l’oublions, elle est toujours là. Nous ne pouvons nous éloigner de nous-mêmes. Aussi, laissons-la s’abandonner à elle-même. Bien qu’elle ne puisse pas être objet de perception pour elle-même, elle sait se reconnaître…
Acceptons de ne pouvoir nous trouver dans la projection, dans la sensation corporelle, dans la compréhension ou la perception mentale. La conscience est ce que nous sommes au-delà des mouvements qui vont et viennent. C’est une attention, un accueil. A cause de l’identification au corps, le moi, qui est un objet de perception comme les autres objets, se prend pour le sujet agissant, autonome. Lorsque la réalisation soudaine met un terme à la croyance qu’il y a une individualité autonome qui cherche et agit, demeure un regard témoin, neutre, une observation. Cette réalisation que nous sommes conscience n’est pas une expérience avec quelqu’un qui la ferait. Elle survient lorsque toute expérimentation s’arrête d’elle-même, à cet instant où le sujet se reconnaît comme l’espace au sein duquel tout apparaît. La conscience est alors conscience de soi, pure, vide, et non plus conscience de quelque chose. Lorsque je fis l’expérience de la « mort », ma conscience se réalisa espace infini, conscience universelle. J’étais vivante, bien vivante. Même lorsque nous ne sommes pas conscients de quelque chose, ce que nous sommes véritablement ne cesse pas d’être. C’est parce que nous n’avons pas réalisé notre véritable nature que nous croyons mourir lorsque le corps disparaît ou que les pensées s’arrêtent. La conscience n’est pas un état. Elle est l’essence de la vie, éternelle.
C’est par la conscience que tout est perçu. Elle voit le spectacle du monde manifesté par elle-même sur un champ qui n’est autre qu’elle-même. Cela ne veut pas dire que ce spectacle soit irréel, mais il est faux de le considérer comme une réalité absolue, c'est-à-dire qui existe par elle-même. Toutes les perceptions, tous les objets ne peuvent exister sans une énergie lumière qui les éclaire : la conscience.
La totalité de la manifestation est une apparition dans la conscience. Tout ce qui est perçu, vu, apparaît en elle. Chaque pensée, chaque évènement est un mouvement dans la conscience, provoqué par elle. Tout est objet pour la conscience, le Sujet ultime non connaissable.
L’homme fait partie du manifesté au même titre que le monde. Le monde n’a pas été créé pour l’homme. Les animaux, les plantes, la terre ne sont pas différents de nous, même s’ils ne vivent pas selon le même mode. Tout participe de la même expression. La conscience est une et englobe tout. Les différences ne sont que dans le mental. Dès que la conceptualisation s’arrête, la paix est là, le silence, la perception pure, car seule affleure la conscience. Elle est pure présence. L’énergie de son jeu peut œuvrer librement dès que tout notre être exprime avec évidence cette pure présence.
La conscience est omniprésente, en chaque créature, en la nature et en la terre. Lorsque nous comprenons que tout est elle, le fardeau des questionnements et des souffrances est aussitôt abandonné. Tous les mouvements de la vie sont perçus pour ce qu’ils sont, des manifestations dans un temps et un lieu donnés. Nous voyons que tout ce qui naît et meurt est le reflet de notre nature véritable, immuable. Nous sommes tout. La question des différenciations entre bien et mal, limité et infini, servitude et libération ne se pose plus. Il devient clair que l’univers n’est qu’une seule et même substance et que nous en sommes inséparables. Lorsque nous rencontrons quelqu’un, lorsque nous voyons quelque chose, nous nous rencontrons et nous nous voyons nous-mêmes. C’est une même réalité, un même espace vide. La conscience est cet espace vide. A cause de l’existence des formes variées, l’espace intérieur parait différent. Or, lorsque la forme disparaît, l’espace intérieur devient un avec l’espace universel. Il l’a toujours été…
Dans notre dimension terrestre, nous laissons notre conscience fonctionner comme une entité conditionnée par ce qu’elle manifeste. A chaque expérience, cet espace de perception s’identifie au corps et génère le sentiment d’un moi. Inlassablement, notre mental porte des jugements sur la multitude des phénomènes qui apparaissent, neutres à leur source. Notre existence devient une suite de désirs et de peurs, un combat à mener. Or tout ce qui apparaît est la vie même, pure en son essence, qui s’offre à nous par et dans la conscience. Tout émerge de cet espace et s’y déroule. Il s’agit de comprendre que rien ne dépend d’un extérieur créé par le mental. Chaque phénomène est en nous, en tant qu’expression visible de la réalité une. La destinée, qui est un enchaînement de circonstances liées au temps, émane de cet espace vide. Ainsi chaque évènement est précieux et doit être considéré comme une bénédiction. Nous devons tout accueillir dans le silence de notre conscience atemporelle. Tout émerge de là et y retourne, dans un mouvement parfait tel qu’il est.
Notre individualité est un reflet dans l’énergie lumière. Je ne suis pas le reflet. Je suis la conscience. Ce n’est pas la conscience qui se dit sujet, car en elle il n’y a aucune séparation. Elle est tout, la substance de toutes les manifestations. Il n’y a aucune distinction fondamentale entre l’absolu et le monde manifesté. L’ultime réalité et ses objets d’expression sont un. Tout ce qui existe est la conscience, en laquelle tout surgit.
Quand toute la manifestation est perçue comme une apparition au sein de la conscience, l’esprit ne recherche plus rien à l’extérieur. A l’extérieur de quoi ? Il est englobé lui-même, ainsi que les objets qu’il poursuit. « Je » est présent en tout et tout est en Lui.
Rien n’est séparé de la conscience. Pour cette raison, nous ne pouvons l’objectiver. Tout ce qui peut être expérimenté, ou même seulement observé, n’est pas la conscience elle-même. Même lorsque le silence est perçu, ce n’est pas ce que nous sommes. C’est un reflet, une émanation. Ce que nous sommes véritablement est la perception elle-même, l’observation elle-même, dans l’absence d’observateur et d’observé.
La conscience est observation et rien ne se passe pour elle. Elle n’est jamais altérée, quoi qu’il arrive, quel que soit l’évènement que nous expérimentons ou la souffrance que nous ressentons. Nous sommes cette observation immuable et non le spectacle qui se déroule
continuellement et auquel nous nous identifions à tort. Le monde peut disparaître à l’instant. La conscience est. Elle n’est pas liée au monde, ne se soucie pas de la fin des phénomènes ou des formes de vie. Elle n’est jamais affectée par les changements, les disparitions, par tout ce qu’elle reflète. Elle conserve toujours sa nature indifférenciée, même à travers ses expressions limitées. Elle est le contenant de la totalité du manifesté ainsi que du non manifesté. Lorsqu’elle est sans objet, elle est conscience infinie, impersonnelle, sans forme, sans cause. On peut aussi l’appeler vide, plénitude, silence. C’est ce que nous sommes de toute éternité.
Nous sommes, à cet instant même, ce réceptacle sans limite, lumineux, intemporel, cette vacuité silencieuse au sein de laquelle tout se produit. Nous sommes en essence en toute chose, les uns dans les autres au sein d’une même substance cosmique. Il n’y a rien à atteindre dont nous soyons séparés.
Lorsque l’espace est désencombré de l’esprit diviseur, lorsqu’il est paisible, grand ouvert, la conscience affleure et nous fait percevoir la réalité ultime dans la multitude des phénomènes qui se manifestent. Cette part éternelle se révèle dès que tout notre être s’abandonne à ce qui lui est proposé. Elle n’est pas liée à notre personnalité, ne dépend ni de nos pensées, ni de nos actes. Elle n’est concernée ni par nos souffrances, ni par nos attentes de bonheur. Elle est le flux ininterrompu présent dans toutes les formes, ce témoin qui observe en silence tout ce qui apparaît et disparaît dans son champ. Nous n’avons rien d’autre à faire que de découvrir en nous cette source silencieuse qui rayonne aux dimensions infinies de l’univers et de nous y absorber.

« Ô toi qui cherche le chemin, reviens sur tes pas car c’est en toi que se trouve le secret. » (Ibn Arabî)

Nicole Montineri
http://conscience-espace.over-blog.com/


Matinée de Yoga sur le thème de l'équilibre



Le déséquilibre c’est la vie, l’équilibre c’est la grâce.


La vie est mouvement avec ses perturbations, ses confrontations, mais aussi ses petits plaisirs et ses joies intenses. Notre tendance naturelle est de rejeter les premières et d’essayer de garder le plus longtemps possible les secondes.

Mais il est possible aussi que dans notre confort matériel et affectif, notre vie ronronnante finisse par nous ennuyer et nous recherchons alors dans la consommation d'objets, de nourritures diverses, de médias,... de quoi la pimenter un tant soit peu.

Est-ce que trop d’équilibre nuirait à l’équilibre ?

Que pouvons-nous trouver entre la rigidité et le « à quoi bon », entre la folie et l’ennui?

Si nous ne pouvons maitriser tous les aléas de la vie, nous avons pourtant le choix d’avoir un regard différent sur les évènements.

Quoi de mieux que de parler de l’équilibre pour revoir nos fondamentaux en yoga ?

Pendant cette Matinée de Yoga, nous approcherons la dimension de l’équilibre à travers nos différents corps : le corps physique (hygiène de vie/postures), le corps émotionnel (écoute du corps, contrôle du souffle), le corps mental (écoute des pensées, discernement), le corps spirituel (écoute de l'intuition, méditation).


Comme d’habitude, la Matinée sera un moment riche en échanges, joyeux et convivial autour du thé et du cocktail de l’amitié.









Cours de yoga collectif: différences et attentes

La plupart des cours collectifs de yoga sont hétérogènes. Dans une même séance, des personnes pratiquent le yoga depuis longtemps alors que d'autres débutent. Les âges sont également variables - pouvant aller de 12 à 80 ans. Par ailleurs, grâce à diverses activités sportives ou connaissances en développement personnel, certains, à des degrés divers, auront une connaissance de leur corps et de leur psychisme pendant que les autres découvriront avec étonnement leur manière de fonctionner. Cette diversité de population fera que les personnes viendront à une séance de yoga avec des objectifs différents: se détendre, s'assouplir ou se muscler, améliorer sa concentration ou avoir un moment tranquille pour soi,...assez rarement, il faut l'avouer pour découvrir son Soi, ce qui est pourtant l'essentiel.
Les premières séances seront l'occasion pour les nouveaux de comprendre les fondations: comment se relaxer, respirer, s'installer dans une posture, se concentrer,... Il est donc important de venir dès la rentrée. Pour les personnes qui ont l'habitude de pratiquer, elles auront peut-être le sentiment de "déjà vu". Elles devront alors se souvenir que le yoga n'est pas une gymnastique recherchant la performance mais une utilisation du corps visant à maitriser et apaiser le mental. Ces 1ers cours seront donc utiles pour retrouver les bases et devenir encore plus attentif à toutes les sensations physiques, émotions et pensées. "On ne se baigne jamais dans le même fleuve!" (Héraclite).
Dans la tradition indienne, on ne devait commencer les postures de yoga que lorsqu'on avait intégré les Yamas et Niyamas, ce qui signifie bien que le yoga est une discipline qui va au delà de l'aspect purement physique.
Sans toutefois rechercher un résultat, la durée d'une posture se modulera en fonction de votre état physique et psychologique du moment. Celle-ci pourra se réaliser en dynamique (répétées plusieurs fois au rythme ou non de la respiration) ou/et en statique. Pendant que certains vivront l'intensité, d'autres pourront déjà être en posture de détente.
Ainsi, quel que soit votre parcours personnel, la séance de yoga collective, si elle abordée dans un état d'esprit ni défaitiste, ni volontariste, mais plutôt ouvert,  deviendra un rendez-vous agréable avec vous-même. Il ne vous sera pas demandé d'aller au delà de vos limites, mais au contraire de respecter votre corps et de vous aimer tel que vous êtes.

Marie-Eve novembre 2013


Le yoga, remettons les pendules à l'heure :-)



La pratique du yoga = philosophie (connaissance de soi), postures (asana), exercices de respiration (pranayama), mantras (à teneur universelle, associé à aucune religion ou secte. A écouter "Le sens profond du mantra yoga" par André Riehl
) visualisations, méditation, … n’est pas faite pour être zen mais pour être plus conscient, plus libre et découvrir qui nous sommes. 
Tout est dit dans les Yoga Sutras: http://www.economie-spiritualite-yoga.com/article/yoga-sutras-de-patanjali 

Ah bon ?

Certes à la fin d’une séance, même si ce n’est pas obligatoire, vous vous sentez détendu et en même temps redynamisé, avec un esprit plus apaisé et plus clair.

Vous vous sentez bien car vous avez fait descendre la pression qui s’est installé tout au long des jours, semaines ou voire des années. Ce qui veut dire que vous avez vécu dans la pression et qu’à travers la pratique du yoga, vous venez chercher la décompression. Même si cette soupape est un moindre mal et évitera peut-être la dépression, cette manière de fonctionner ressemble de très près au Tonneau des Danaïdes.

Alors, vous avez le choix. Soit vous continuez, soit vous passez à la vitesse supérieure 😀

Quand je dis que la séance sert çà être plus être conscient, c’est qu’elle vous permet (ça reste un moyen et non une fin) pendant 1 heure ou plus d’être à l’écoute de vous-mêmes, de repérer dans votre corps ce qui est tendu, ce que votre mental à la dérive vous raconte et ce qu’engendre vos pensées dans votre organisme comme serrements ou dilatations. Votre tapis est comme un laboratoire et votre cours collectif est juste l' expérience du moment.

Ce qui veut dire que le yoga ne s’arrête pas lorsque vous avez quitté le cours. Pour garder les bénéfices de la pratique et ne pas miser sur la seule séance de la semaine (au risque d’être déçu car un cours collectif ne répondra jamais aux attentes de chacun. ...A savoir qu'un professeur de yoga ne doit pas chercher à plaire au plus grand nombre mais être fidèle à transmettre un enseignement plusieurs fois millénaire. Certes la plupart des cours de yoga modernes sont très loin de ce que la transmission se doit d'être et c’est bien regrettable), il est important d’avoir une pratique régulière chez soi. Cette pratique personnelle est un moyen d’approfondir et d’affiner ce qui a été expérimenté en cours.

Comment peut-on être exigeant avec un enseignant de yoga alors qu’on n’a pas pris une seule fois conscience de sa respiration dans la semaine et qu'on n'a jamais ouvert un livre de yoga? Beaucoup de personnes au bout de plusieurs années de pratique sont en difficulté pour dire simplement la particularité de ce qu'est le yoga par rapport à une autre discipline. D'où le petit instant de philosophie en début de cours.

La séance de yoga est l'occasion de mettre en place des réflexes de retour réguliers vers soi. Nous sommes dans un monde qui excite perpétuellement nos sens et notre cerveau, ce qui fait que notre système nerveux sympathique est constamment sollicité et nous en devenons épuisé. (Système nerveux sympathique = accélérateur, action, vers l'extérieur. Système nerveux parasympathique = frein, relaxation, vers l'intérieur).

Le cours de yoga n'a pas pour vocation de se détendre comme un mollusque épuisé sur un rocher au soleil mais un moment opportun pour être, tout en restant détendu, plus attentif afin d’affiner ses perceptions physiques, émotionnelles et mentales. Si vous êtes suffisamment présent et détendu pendant les postures, comme il est particulièrement précisé dans le yoga du Cachemire, la relaxation finale devient inutile.

Devenir conscient n'est pas toujours confortable. Car qui dit affiner ses perceptions grâce à la pratique corporelle et son discernement grâce aux textes traditionnels, dit ne plus se raconter d'histoires sur son personnage ou sur les situations. C'est peu à peu enlever ses œillères quand à son travail, relations, alimentation, manière de se comporter en société,…

Le monde du travail et la société en général nous demande d’être productifs et consommateurs et n’a donc pas intérêt à ce que nous devenions plus conscients. D’ailleurs, l’école aujourd’hui ne demande plus de composer un poème ou une dissertation mais de produire des écrits. Plus un cerveau est jeune, plus il est malléable et plus les tâches resteront incrustées pour bien servir la machine. Et oui!

(Petit exercice : écoutez dans votre corps comment résonne ces deux mots : composer et produire)

Le yoga, dans ses diverses dimensions, opère comme un lessivage. C’est parce que vous allez être vigilants sur vos ressentis, que peu à peu, les vielles tâches incrustées, après de nombreux lavages, s’atténue ou disparaissent… pour vivre un peu plus libre.

La pratique du yoga n’est pas faite pour être zen.

La "zénitude" n'est que la conséquence de votre attention.

Les +++ :



La voix dans la tête


Vous vous demandez peut-être : "Cette voix dans ma tête, n'est-ce pas moi-même ? N'est-ce pas MOI qui pense mes pensées ?"
Vous pouvez y répondre par vous-même. Si cette voix est vous, ALORS QUI L'ÉCOUTE ? "

"Je ne crée pas mes pensées ; ce sont elles qui me créent - jusqu'à ce que je les mette en doute."
Byron Katie


Le yoga

Le yoga est une discipline visant à réaliser l’unification de l’être humain dans ses aspects physique, psychique et spirituel.
Il comprend des principes philosophiques, des postures (asanas), des techniques de respiration (pranayama), de relaxation et de méditation.
L’ensemble de l’enseignement ayant pour objectif d’arriver à cultiver le calme de l’esprit, pour permettre à chacun de se libérer des réflexes conduisant à réagir aux dualités de la vie.

Le terme « yoga » est communément utilisé pour désigner le hatha yoga, qui n’est en fait, qu’une branche du YOGA. Ha signifie le soleil, et Tha, la lune ; le hatha yoga est l’art d’équilibrer les fonctions opposées dans le corps.

Le travail des postures permet de découvrir le corps, le libérer des tensions et douleurs quotidiennes, et de stimuler et libérer l’énergie qu’il contient.

Les techniques respiratoires ont pour but de purifier et réguler cette énergie vitale.
Dans la tradition indienne, on dit que les asanas participent au nettoyage du « vase » corporel et le pranayama, au nettoyage des souffles ou canaux. Grâce à la pratique d’asanas et de pranayama, les organes et systèmes sont stimulés, les nerfs apaisés, les tensions relâchées. Ceci induit un état propice à la méditation, dont le but est d’arrêter le tourbillon des pensées pour atteindre la « paix intérieure ».

Ce qui distingue le yoga d’une autre discipline, c’est d’abord l’intérêt porté sur les sensations. Le travail se fait « en conscience », on prend le temps de ressentir, de connaître son corps, ses besoins, ses capacités, ses possibilités. Cette meilleure connaissance de soi amène une perception différente du monde extérieur ; on découvre que l’on est capable de mieux voir, mieux sentir le monde qui nous entoure.

Une bonne perception de son corps donne également une sensation de plénitude, de présence et de valorisation, facteur de bonne santé mentale et de joie de vivre.

Vient ensuite le rôle du souffle. La respiration est le lien entre le corps et l’esprit. En la maîtrisant, (allongement, rétentions), on agit sur le système nerveux, qui induit un état plus calme, sans stress, et un meilleur contrôle des émotions. Cette détente pendant et après l’effort apporte une meilleure irrigation et oxygénation des tissus et muscles.
Et se centrer sur les sensations du corps ou sur le souffle permet également d’éviter les pensées…et de tourner l’attention vers l’intérieur…

Cet état de calme s’infiltrera progressivement dans notre vie quotidienne. Ainsi, de nouveaux circuits nerveux apparaissent ; le cerveau se rappelle la sensation de détente et de bien-être vécu et permettra de retrouver ces sensations au quotidien, parce que le corps sait, et peut « rechercher » à nouveau ces sensations.

Par ailleurs, la pratique d’une observation neutre des pensées et sensations permet une nouvelle objectivité. On apprend à accepter ce qui est là, à regarder les choses comme elles sont, au moment présent, sans jugement ou référence à des schémas passés. La compréhension progressive de l’impermanence des choses nous aide à observer nos réactions pour sortir des cercles vicieux habituels.

La pratique du yoga mène à la maitrise du corps, de la respiration et de l’esprit, pour une harmonie de toutes les facettes de notre être. Il nous apprend à appréhender la vie avec les notions de lâcher-prise, d’acceptation et d’impermanence, pour moins de souffrances au quotidien…

Les cours, d’une durée d’1 heure 15/30, débutent par une phase de concentration sur le souffle, indispensable pour « déconnecter » et s’intérioriser. Vient ensuite la pratique des asanas, pour faciliter la libération des blocages physiques et énergétiques. Les techniques de pranayama permettent de canaliser cette énergie libérée et la séance se termine avec une relaxation guidée ou une méditation.







Séance pour dissoudre l'anxiété






La respiration


Une bonne synthèse sur ce qu'est la respiration et l'importance du diaphragme.


Respirer en conscience du matin au soir:

- Le matin, allongé, avant de se lever : inspirez par le nez, expirez bruyamment par la bouche. 10 séries. (Attendre un peu avant de vous lever pour éviter l’étourdissement)

Cela permet de faire aller le sang dans les extrémités. Rend les mains et les pieds chauds, masse le foie, supprime les stagnations. Masse les intestins, fait aller à la selle, donc désempoisonne le corps.


- Le soir : souffler très lentement comme sur la flamme d’une bougie sans la faire vaciller.

Rajouter une visualisation : l'air gris qui sort

Si insomnie, compter les respirations (1 inspir/expir, 2 inspir/expir, …jusqu’à 10)


- Dans la journée : des arrêts réguliers de 10 respirations conscientes. S’arrêter 15, 30 fois ou plus dans la journée.

Les activités sont centrifuges (de l’intérieur vers l’extérieur), nous vidons nos batteries.

Respirer en conscience c’est se recharger.


La respiration nous aide à agir en pleine conscience, c'est-à-dire à être de plus en plus conscient de faire de qu’on est en train de faire.

Nous passerons peu à peu, grâce à la répétition, de la compétence consciente à la compétence inconsciente,

Grâce à cette respiration consciente, nous gérons mieux nos émotions et construisons de nouveaux circuits neuronaux.






Maia, 95 ans: Exercice, Joie, Simplicité


La joie du yoga à tout âge. Magnifique documentaire.

Tourné à Fire Island, New York, ce film capte les secrets de la jeunesse éternelle de Maia Helles. C'est une danseuse de ballet russe de 95 ans. Elle est restée indépendante et se porte comme une personne de quarante ans.
Réalisé par Julia Warr, artiste et cinéaste (juliawarr.com) avec Maia il y a 5 ans. Maia est convaincue des avantages de sa routine et de ses exercices quotidiens qu'elle a mis au point, en collaboration avec sa mère, il ya 60 ans, bien avant la venue des cours de yoga
Musique Lola Perrin





Le yoga et la maîtrise : de l’ardeur à la plénitude


Le yoga a la réputation d’être une pratique tranquille dont la finalité principale est la relaxation. Or cela va à l’encontre de sa nature. Le yoga est en effet une pratique qui nécessite une constance, une énergie afin de se maîtriser soi-même au travers d’un lâcher prise qui permet de vivre la profondeur de la conscience et atteindre la plénitude. Une fois que cette finalité est réalisée, alors l’effort nécessaire disparaît. 

L’effort d’une pratique constante


Le yoga est souvent présenté partiellement comme une façon de se détendre, et ainsi de relâcher les tensions corporelles et mentales. L’erreur commune consiste alors à faire du yoga un état inerte dans lequel le corps, allongé sur le tapis, se laisse aller à la passivité. Il s’agirait ainsi de faire du yoga un moyen de relaxation parmi d’autres. Cette vision est erronée. Loin, en effet, d’être une pratique mollassonne, un délassement, ou un paisible repos transitoire, le yoga est un investissement de tous les instants afin de transcender les déterminations qui nous asservissent. Il s’agit de dépasser les conditions des phénomènes qui peuvent dominer l’homme afin de vivre une expérience intérieure. Il en résulte finalement la réalisation de la liberté au sein de laquelle, libéré des troubles, libéré du volontarisme, sans besoin à présent de l’effort, l’être est dans la plénitude, dans une intime conscience de la réalité.

Le yoga est un chemin qui demande un engagement soutenu dans la mesure où il s’agit pour l’être humain de dominer ses instincts, ses pulsions, ses élans primitifs, en bref sa nature. Cette opposition n’est en rien contre-nature, mais elle tente en définitive d’aller au-delà des spontanéités de base de l’être humain, qui peuvent le soumettre, le dominer et ainsi engendrer la souffrance. Si l’homme a des énergies naturelles fondamentales, il a aussi la capacité de les maîtriser. Là aussi est sa nature.

Le yoga s’oppose alors au laisser aller, aux facilités qui séduisent, à l’absence d’efforts qui nous donne l’illusion d’être au repos. Il est une quête de la maîtrise de soi, recherche qui est fort loin de s’identifier à l’apathie. Ce contre-courant est motivé par une finalité bien spécifique : la fin de la souffrance. Le yoga vise l’éradication de la douleur physique, de la souffrance psychique ou de l’angoisse métaphysique. Or, comment un tel projet pourrait-il être réalisé dans la tiédeur d’une pratique instable et balbutiante ?

Le yoga est avant tout un refus : celui d’être soumis aux troubles psychologiques et corporels; celui d’être assujetti aux désordres du monde des hommes et du monde phénoménal dans sa généralité. On comprend aisément qu’un tel refus ne peut être une sinécure. Les hommes subissent sans cesse des maux et le yoga est un des moyens d’y échapper. Cette libération ne peut être ainsi une tranquille flânerie. L’engagement devra être à la mesure de la puissance des troubles qui ternissent l’existence humaine.

Le yoga demande un esprit alerte, vif, réceptif, motivé. Il bannit le doute incessant et l’hésitation constante qui mettent nécessairement un obstacle à la finalité. Dans toute démarche, dans toute pratique, le doute constant, qui est ici le manque d’assurance, la peur, l’incertitude, la réticence envers le bien-fondé des principes et l’efficacité de la pratique, ne fait que rendre encore plus inefficace ce qui est entrepris. Le yoga est une pratique, non une croyance. Son efficacité ne se mesure qu'à l’aune de l’expérimentation, une attention fine et subtile afin que l’expérience soit accompli avec le plus de perfection possible. Un esprit agité qui vagabonde sans cesse, qui n’est pas tout à ce qu’il fait ne peut accomplir pleinement le yoga. Ce chemin n’est pas ainsi une relaxation pépère. Le mental et le corps demeurent vigilants, impliqués, résolus.

Denis Faïck Extrait de la Revue Française de Yoga - Juillet 2006

Mini séance de yoga en vidéo

Pour préparer cette rentrée, je vous propose de faire la séance réalisée par Neda et Christophe de Yogalite. Séance tout en douceur où l'on prend d'abord le temps de se poser, de se connecter à son corps et à son souffle.
Vous passerez un moment très agréable avec la voix mélodieuse de Neda. Les temps de silence amènent paix et profondeur.  En fond, les bruits de la campagne ensoleillée nous dit que l'été continue. 
Ça vaut bien un hamac, un livre, et une bonne tranche de pastèque!😇


Perspective spirituelle des postures de Yoga. Par Koos Zondervan




Koos Zondervan dans bhadrasana
L'esprit et le corps des êtres humains deviennent généralement progressivement conditionnés au cours de leur existence.
Pour l'esprit, cela signifie que nous réagissons progressivement aux événements de manière programmée.
Pour le corps, cela signifie qu'il est progressivement limité dans sa liberté de mouvement, à cause de tensions conditionnées (ce qui veut dire qu'elles sont programmées dans le cortex cérébral).
De ce fait, la souplesse graduellement diminue. Ces tensions conditionnées peuvent parfois avoir pour effet de perturber jusqu'à la position des os.
Le corps d'énergie, ou la couche prânique (prânâmâyakosha), qui parmi d'autres choses est responsable de la communication entre l'esprit et le corps physique, souffre également des conditionnements physiques. Généralement ces conditionnements physiques entraînent chez la plupart des gens au cours de leur existence un affaiblissement du corps d'énergie, qui pour ainsi dire s'atrophie. De ce fait, la conscience du corps s'amoindrit, de même que la sensibilité et la vitalité.
Jean Klein nous enseignait qu'il est possible d'inverser ce processus négatif. Par ailleurs, une telle inversion augmenterait les possibilités de notre développement spirituel au cours de cette existence. L'essence de l'approche qu'il recommande peut se caractériser par ce seul mot : “écoute”.
En ce qui concerne l'esprit, cela signifie qu'il vous faut observer votre propre fonctionnement aussi clairement que possible, comme un témoin, sans juger ni vouloir vous améliorer. Vous constatez à partir de quels motifs vous agissez, et aussi comment vous réagissez mentalement et corporellement aux gens et aux événements.
En ce qui concerne le corps, nous pouvons nous référer au texte de mon article “Principes du Yoga du Cachemire”. Ce texte recommande de pratiquer le yoga dans un esprit d'observation ouvert et accueillant, l'attention orientée vers la sensation tactile. Ainsi vous écoutez votre corps par le biais du sens tactile.



  • La première fonction des postures de yoga résulte de cette écoute attentive pendant notre pratique, afin de devenir conscient des résistances et des rigidités inscrites dans notre corps.


Bien qu'un mode de vie non naturel (par exemple une mauvaise alimentation) puisse aggraver les raideurs du corps, la cause la plus importante en sont les tensions musculaires conditionnées. Ces tensions musculaires conditionnées sont dues aux stress, efforts et réactions de notre mental, ce qui s'accompagne du raccourcissement de nos muscles.
Afin d'illustrer cette première fonction des postures de yoga, un exemple :
Je me souviens qu'au cours d'une de mes premières leçons de yoga avec Jean Klein, alors que nous étions assis au sol avec les jambes allongées, il me dit en passant près de moi : “Votre jambe droite a tendance à être trop courte”.
A ce moment-là je n'ai pas su que faire de cette information. Toutefois, lorsque quelques minutes plus tard nous étions dans la posture de bhadrâsana (aussi nommée gorakshâsana) (fig.1), j'ai remarqué une forte résistance dans la hanche droite, qui empêchait le genou droit de descendre aussi bas que le gauche. Je réalisai qu'il était possible que ce soit en lien avec la remarque que Jean Klein m'avait faite quelques minutes auparavant, au sujet de la tendance de ma jambe droite à être trop courte.


Je me suis occupé de ce problème pendant ma pratique quotidienne de yoga, tôt le matin avant le petit déjeuner. Je commençais par stimuler le corps d'énergie en pratiquant kapâlabhâti et du prânâyâma. Ensuite je pratiquais bhadrâsana en donnant toute mon attention au sens tactile, à la sensation corporelle. Afin d'être capable d'éviter de forcer le corps, je posais mes mains au sol devant moi et ensuite je commençais à me pencher en avant à partir des hanches, très lentement et soigneusement. En même temps, j'écoutais le corps, car il est essentiel de gérer le corps de façon amicale. Il n'est pas permis que ce genre de pratique devienne réellement douloureux. Il est important aussi de prendre le temps nécessaire pour procéder ainsi.
Je restais souvent dans la posture pendant 5 ou 10 minutes, tout en stimulant le corps d'énergie en ralentissant l'expir à l'aide d'ujjâyî. Pendant l'inspiration, l'évocation par la sensation tactile que l'avant du corps devenait plus spacieux a également contribué à la libération de la zone de la hanche droite, car cela a permis au tronc de descendre davantage.
Après avoir pratiqué pendant quelques semaines de cette façon, à un certain moment lors d'une séance, soudainement et avec un certain bruit le genou droit est descendu en même temps que j'expérimentais le relâchement de tensions dans les muscles près de la hanche droite. Bien que le problème fût résolu, afin de stabiliser cet acquis, j'ai continué à pratiquer ainsi pendant deux semaines. Le résultat : lorsque je pratiquais bhadrâsana, les deux genoux touchaient presque par terre et la résistance avait disparu. “La tendance de ma jambe droite à être trop courte” avait disparu également. J'eus la preuve à cette occasion-là que des tensions musculaires conditionnées pouvaient aller jusqu'à causer un dérangement dans la position des os.
Lorsque ce problème fut résolu, il s'en suivit un gain important : la capacité de mon corps à pratiquer padmâsana et siddhâsana était devenue bien meilleure qu'avant. Il m'apparut qu'il était maintenant possible de rester confortablement pendant longtemps dans ces postures. Assis dans ces postures, je réalisai alors qu'elles étaient conformes aux critères formulés par Patanjali lorsqu'il précise qu'une posture doit être stable (sthira) et agréable (sukha).
Maintenant vous pourriez penser que ceci était un succès, que les muscles autour de la hanche droite étaient désormais déconditionnés, libérés. Ce n'était pourtant que partiellement vrai. Lorsque, deux ans plus tard, pendant une séance de yoga, je restai plus longtemps que d'habitude dans une torsion assise (matsyendrâsana), mon corps se mit à réagir d'une façon qui était nouvelle pour moi. A un moment donné, mon corps se mit soudainement à se raidir puis à trembler, en même temps qu'il se couvrait de transpiration. Là-dessus, dans la région de la hanche droite, pour la seconde fois une énorme tension se relâchait. Puis tout mon corps se détendit complètement dans la posture.
Après cette séance, je réalisai que j'avais reçu la preuve par l'expérience des deux points suivants énoncés par Jean Klein :
Les conditionnements sont programmés dans le cerveau par couches (comme les pelures d'un oignon).”
Je peux constater que ceux de mes étudiants qui ont l'habitude de tenir les postures plus longtemps en bénéficient plus que les autres.”
C'est seulement parce que je suis resté dans matsyendrâsana plus longtemps que d'habitude que cette posture a pu déclencher le relâchement de tensions.



  • Comment prendre conscience de tensions musculaires conditionnées : recherchez quelles sont les postures ou exercices que vous n'aimez pas. Souvent vous n'aimez pas une certaine posture parce qu'elle révèle des problèmes corporels. Je me rappelle qu'il y a longtemps, je n'aimais pas du tout me pencher en avant dans la posture assise avec les jambes allongées en ouverture. La raison en était qu'un certain nombre de muscles étaient trop raides pour permettre un bon étirement.


Ce problème avait été résolu de la façon suivante :
Dans la posture de départ j'orientais mon attention vers le sens tactile, vers la sensation corporelle. Si vous réalisez que le cerveau humain ne peut s'intéresser qu'à un sens à la fois, il vous apparaîtra clairement que le fait de fermer les yeux facilite les choses. Je déposais les paumes de mes mains au sol devant moi. Ensuite, pendant 10 ou 20 secondes, je portais mon attention sur les points de contact de mon corps avec le sol. Puis je portais mon attention sur la sensation globale du corps, ce qui me permettait de sentir mon corps continuellement dans sa totalité. Je gardais les jambes légèrement fléchies. Je régulais mon souffle en allongeant chaque expiration à l'aide d'ujjâyî.
Ensuite de quoi je laissais lentement glisser mes mains vers l'avant jusqu'au moment où l'étirement était sur le point de devenir douloureux. Je m'arrêtais là et, tout en continuant à réguler mon souffle, je travaillais avec mon sens tactile de la façon suivante : pendant l'inspiration j'évoquais la sensation que la partie avant de mon corps ainsi que le visage s'étalaient dans l'espace, et en même temps j'évoquais la sensation que mes plantes de pieds poussaient quelque objet imaginaire vers la gauche et vers la droite. Pendant l'expiration, qui était freinée par ujjâyî, je m'accordais à l'espace devant le corps. Je continuais à pratiquer ainsi pendant à peu près une minute. Ensuite je remontais lentement avec le tronc et j'observais les changements au niveau de la sensation corporelle, jusqu'à ce que toutes les réactions se dissolvent dans la sensation globale du corps.
Je commençai à pratiquer cet exercice quotidiennement, et tout comme j'avais procédé avec le premier problème que j'ai décrit, je stimulais le corps d'énergie avec kapâlabhâti et du prânâyâma chaque matin avant le petit déjeuner. Après quelques semaines il y avait encore beaucoup de résistances dans les muscles des cuisses, mais je remarquais qu'il y en avait déjà moins.
Quelques semaines plus tard, l'état musculaire s'était clairement amélioré et l'exercice lui-même devenait moins désagréable, et à certains moments il devenait même très agréable. Alors un jour je ressentis pendant l'exercice le relâchement soudain d'une importante tension dans la région du pelvis, et au même instant, à ma grande surprise, il me devint possible “d'embrasser” le sol devant moi avec les deux bras et de déposer le tronc et le menton au sol. Je réalisai lors de cette expérience que d'importants conditionnements s'étaient dissous.



  • La seconde fonction des postures de yoga découle de la première fonction. Jean Klein décrivait cette seconde fonction de la manière suivante : “L'intention est de travailler régulièrement avec les postures jusqu'à ce que toutes les résistances et tensions présentes soient dissoutes, tout comme un pianiste joue de nombreuses fois sa partition jusqu'à maîtriser sans effort tous les passages qui au début posaient problème.”


Ceci nous ramène à nos propres désirs, car dès lors que vous devenez conscients de tensions et résistances importants dans votre corps, émerge un désir naturel de le libérer de ces problèmes. Il apparaît que la clé du succès est d'éveiller le corps d'énergie tout en travaillant les postures, ainsi que je l'ai indiqué dans l'article “Principes du yoga du Cachemire” et élaboré dans mon livre “Le yoga tantrique”. Une fois que le corps d'énergie est bien activé, il va fonctionner comme un catalyseur dans le processus de déconditionnement du corps physique.
Suite à mes premières leçons de yoga avec Jean Klein aux Pays-Bas (1975-1976), je fus tellement touché par son approche que je commençai à suivre ses séminaires dans plusieurs pays d'Europe. Sous sa guidance, le corps d'énergie fut bientôt activé au point qu'il était perçu directement et que le corps physique commençait à se libérer de lui-même de ses résistances et rigidités. Je me souviens qu'en ce temps-là, Jean Klein nous faisait pratiquer de nombreuses séries de kapâlabhâti et de prânâyâma (sans rétentions). Il nous expliquait qu'il était essentiel d'ouvrir les canaux d'énergie (nâdis) et de renforcer la circulation de l'énergie.
L'entraînement au prânâyâma de Jean Klein était caractérisé par :
  1. L'importance donnée à une assise correcte.
  2. Le fait de “filtrer” le flux de l'inspir et de l'expir en réduisant le passage de l'air dans une ou les deux narines.
  3. La pratique constante de uddiyâna bandha.
Il insistait sur la nécessité d'une maîtrise complète des muscles abdominaux afin d'être capable de pratiquer kapâlabhâti et le prânâyâma de manière correcte.
Cette maîtrise s'acquiert progressivement en s'entraînant à rétracter la paroi abdominale tandis que tous les autres muscles (visage, langue, gorge, épaules) restent complètement relaxés.
Inspiré et éveillé énergétiquement par ces séminaires, qui pour la plupart s'étendaient sur une semaine, je commençai chez moi à travailler de manière sélective sur les parties problématiques de mon corps jusqu'à ce que toutes les rigidités et résistances dont j'étais conscient se dissolvent.
Le fait de devenir conscient des rigidités et résistances du corps et par la suite leur élimination, peut être considéré comme un “travail préparatoire”.



  • La troisième et la plus importante fonction des postures peut apparaître à son plein avantage seulement lorsque ce travail préparatoire est accompli et que l'énergie de vie peut circuler de façon optimale. À ce sujet, Jean Klein disait que le but ultime du yoga qu'il enseignait était la transformation du “corps réel”. Il disait aussi que les postures avaient un effet psychologique et spirituel.

Le corps réel est constitué des couches plus profondes (koshas), qui déterminent notre constitution psychologique et spirituelle. Ce que nous nommons “l'esprit humain” est en fait le fonctionnement de ces koshas. Dépendant de notre niveau spirituel, différentes voies ou moyens (upâyas) existent pour aller plus loin. Depuis quelques dizaines d'années, d'excellents livres sur la tradition spirituelle du Cachemire ont été publiés en français, anglais et allemand. Une sélection en est donnée dans la bibliographie.
Ainsi qu'il a été mentionné dans l'article “Principes du yoga du Cachemire”, padmâsana et siddhâsana sont les postures les plus importantes. Selon Jean Klein, parmi les postures, siddhâsana est la plus transformante. Il disait aussi de siddhâsana qu'elle était la plus purifiante. Ce qui correspond à ce qu'en dit la Hatha Yoga Pradîpikâ :
De même qu'une alimentation mesurée (mitâhâra) est pour les sages la première des observances (yama), et la non violence (ahimsâ) la première des disciplines (niyama), de même les sages considèrent siddhâsana comme la principale d'entre toutes les postures (asana).” (chapitre 1, verset 38)
Parmi les 84 postures, siddhâsana devrait toujours être pratiquée, car elle purifie les 72'000 nâdi de toute impureté.” (chapitre 1, verset 39)
Comme je l'ai décrit précédemment, le fait d'activer le corps d'énergie est d'une importance vitale dans le processus d'élimination des résistances et des rigidités, à travers lequel le corps devient capable de rester dans les postures importantes de façon plus juste et plus détendue. L'effet transformant d'une posture est transmis aux couches plus profondes (koshas) par le corps d'énergie. Ceci signifie que si le corps d'énergie devient plus puissant, alors l'effet transformant des postures augmente, y compris au niveau spirituel. Le fait d'élever notre niveau spirituel peut être considéré comme un “capital spirituel”. Ce capital spirituel va automatiquement vous accompagner dans votre prochaine incarnation.

Bibliographie
En anglais
  • The book of Listening, Jean Klein, Non-Duality Press, Salisbury 2008
  • Kashmir Saivism, The Central Philosophy of Tantrism, Kamalakar Mishra, Rudra Press, Portland 1993
En français
  • Le Vijñâna Bhairava, Lilian Silburn, Édition-Diffusion de Boccard, Paris 1961 (plusieurs réimpressions)
  • Le Paramârthasâra, Lilian Silburn, Édition-Diffusion de Boccard, Paris 1957 (plusieurs réimpressions)
En allemand
  • Abhinavagupta, Wege ins Licht, Bettina Bäumer, Benziger Verlag, Zurich 1992
  • Trika: Grundthemen des Kashmirischen Sivaismus, Bettina Bäumer, Salzburger Theologische Studien 21, Tyrolia Verlag, Innsbruck-Wien 2003
October 19, 2014

traduit de l'anglais par Barbara Litzler

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