La spiritualité c'est d'abord se relier au corps

novembre 29, 2021 Samtosha Yoga 0 Commentaires

Une spiritualité authentique s’incarne dans la matérialité du corps sensible et dans la chair du monde vécu. Contrairement aux idées reçues, le « spirituel » ne consiste pas seulement en un travail de l’esprit, mais implique une pratique corporelle, une expérience vitale du souffle. Corps, mental, respiration, se retrouvent alors à l’unisson, par-delà les séparations et les oppositions. Devenir spirituel, ce n’est pas se couper de soi-même et se transformer en une sorte de « pur esprit », c’est au contraire se relier en pleine conscience au corps que l’on est. Par là, il devient possible de réunifier les différentes composantes de l’être humain, embarqué dans notre hyper-modernité au mode de vie trop souvent dispersé, morcelé, émietté... Cette recherche holistique (holos en grec signifie « tout ») de nouvelles alliances se retrouve dans de nombreuses pratiques somato-psychiques se développant largement aujourd’hui : la méditation sous toutes ses formes, les arts martiaux du geste conscient, les gymnastiques alternatives, la marche comme quête de sens, la psychothérapie par l’hypnose, et bien entendu le yoga… Le point commun entre ces diverses méthodes, est de concevoir le corps lui-même comme le matériau primordial d’un travail de soi sur soi, comme la voie royale pour transformer en profondeur son esprit et changer sa vie de tous les jours. Pour mieux vivre et mieux être, il faut passer tout d’abord par le corps. Si l’on veut accéder à la vie intérieure, il n’y a pas d’autre porte d’entrée! 

Philippe Filliot




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La lignée Nil Hahoutoff

novembre 18, 2021 Samtosha Yoga 0 Commentaires

La lignée Nil Hahoutoff  est celle que j'ai suivi tout au long de mes 4 années de formation à L’École Française de Yoga à Lille)

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Youri Nil Hahoutoff (1900-1982) est un sportif russe originaire de Géorgie, connu pour avoir mis au point une lignée ou méthode de Yoga appelé méthode Nil Hahoutoff. En 1917, suite à la révolution russe, il fut contraint de fuir la Russie pour la France. Après avoir pratiqué la danse mais aussi l'art du cirque, il a rencontré Hyran Moy Chandra Gosh, un Hindou qui lui aurait appris le Yoga dès 1925. Il a mis au point une méthode mélangeant Yoga et techniques gymniques, réputée assez physique. Il sera en 1972, un des cofondateurs de l’Union Européenne de Yoga (UEY) Source: Wikipedia

 

Photo prise ici

La méthode Nil Hahoutoff, comme il le disait lui-même, c’est une méthode de pré-yoga. Elle est issue du travail du cirque: on assouplit le corps par un long échauffement. En effet, le corps est capable ensuite de pouvoir faire ce dont il était incapable auparavant. Le travail sur la colonne vertébrale est important. « Il faudrait combattre la bosse, en créant un creux au niveau des omoplates ». Source: Histoire du yoga en Occident

Une séance de yoga "Nil Hahoutoff" se distingue par ses sept étapes successives :

- Prise de conscience du corps en le détendant

- Expiration profonde

- Préparation respiratoire

- Préparation musculaire et articulaire

- Enchaînement

- Pratique de diverses asanas (postures)

- Pratique de pranayama (respiration)

Cette lignée est également reconnaissable par ses respirations complètes (La respiration à trois étages) accompagnées du mouvement des bras entre chaque posture. Cette lignée est parfois jugée éprouvante car nous passons souvent des positions couchées à des positions debout et inversement. Par ailleurs, la préparation musculaire ainsi que les postures, peuvent, pour certains, demander une certaine tonicité. Cependant, ces préparations et postures peuvent être remplacées par d'autres de moindre intensité et procurer les mêmes effets.

Extrait de conférence faite à Zinal en Suisse, en septembre 1976 par Nil Hahoutoff

"Les confusions : Ce que personne ne dit jamais"

Tous les esprits même les plus brillants ont cette propension à la confusion.

La cause de ces confusions se trouve dans l’imperfection de notre instrument pensant plus ou moins apte à véhiculer une idée limpide en provenance de nos expériences vécues. C’est ainsi que, nous découvrons en nous des peurs de crabes et d’agressivité d’écrevisses.

Le premier point que nous enseigne le yoga : ne jamais réagir mais toujours agir.

Dans le yoga, on enseigne de compter jusqu’à trois avant de prononcer une parole ou de commencer la moindre action.

La colère :

La colère c’est toute forme d’irritation qui ne tient pas compte de la cause véritable en nous-même et qui rend coupable de cette irritation quelqu’un d’autre. La colère pousse à accuser l’autres, à le combattre, à exercer sur lui une pression. La colère est totalement improductive.

L’avidité :

La nature véritable de l’avidité, c’est un profond sentiment de dévalorisation et une aspiration impérieuse à se valoriser. C’est lorsque l’acquisition paraît valorisante qu’il y a avidité. La tentative de se valoriser par la possession d’objets est la plus naïve qui soit et la plus décevante. Dès l’objet acquis, on a immédiatement besoin d’un suivant parce que le premier n’a pas apporté l’effet rassurant attendu.

La suffisance :

La suffisance n’est pas une appréciation exagérée de soi mais une totale absence d’appréciation. A la moindre confrontation avec la réalité, la suffisance est toujours douloureuse et la soi-disant sensibilité des susceptibles est tout le contraire de la véritable sensibilité. La véritable sensibilité s’émeut de la douleur des autres, pas des siennes propres.

L’humilité :

L’humilité n’est pas à confondre avec humiliation. Cette dernière est une émotion alors que le mot humilité est une vision, une connaissance. Dans le yoga, l’humilité c’est l’exacte appréciation de soi par rapport à l’univers.

La confusion :

La confusion, c’est-à-dire la propension à mélanger, à identifier les choses, des attitudes, des pensées qui ne doivent pas l’être, provient de la non agilité de l’esprit. La plus haute faculté de l’intelligence, c’est de séparer ceci de cela. Or sans cette faculté, aucune appréciation correcte, aucun jugement ne peut être fait.

Le jugement :

Le jugement doit être pris dans le sens d’appréciation et non pas dans celui de la condamnation. Si mon jugement n’est pas défini, ce n’est pas un jugement, c’est une expectative. Le jugement doit être rapide et sache être sans défaut, c’est-à-dire définitif. Le jugement ne s’applique pas à une personne.

Le détachement :

Le détachement c’est le désintérêt pour tous les objets de jouissance ; dans quelque état, monde ou condition que ce soit, étant donné leur nature impermanente. Il s’agit du désintérêt et non la renonciation à utiliser les objets de jouissance. Le seul détachement qui est en cause dans l’enseignement du yoga, c’est le détachement de soi-même. Son contraire, l’attachement est la recherche dans un objet ou une situation, une valorisation de soi-même. Celui qui a donné un sens à sa vie n’a plus besoin de valoriser sa personne.

Dans la ligne véritable du yoga, on peut être détaché de tout ce qui nous entoure et qui constitue la vie en général. Le détachement, ce n’est pas négliger sa famille, ses devoirs, ses engagements antérieurs. Celui-là fait preuve de son attachement à ses propres buts égoïstes. Celui qui est détaché de lui-même aime les autres. 

Source: ici

Ici, dans une très courte vidéo, Patrick Tomatis, élève de Nil Hahoutoff,  nous présente sa pédagogie.   

Autre source ici

 

Cover of: Gymnastique évolutive pour tous by Nil Hahoutoff 

http://www.centre-yoga-et-bien-etre.com/blog/pratique/yoga-physique-ou-yoga-mou.html

http://www.mlc-saintnom.com/yoga-lignee-nil-hahoutoff/

https://www.bibli.yoga/mot-cle/preparation-hahoutoff


 

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