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La spiritualité c'est d'abord se relier au corps

Une spiritualité authentique s’incarne dans la matérialité du corps sensible et dans la chair du monde vécu. Contrairement aux idées reçues, le « spirituel » ne consiste pas seulement en un travail de l’esprit, mais implique une pratique corporelle, une expérience vitale du souffle. Corps, mental, respiration, se retrouvent alors à l’unisson, par-delà les séparations et les oppositions. Devenir spirituel, ce n’est pas se couper de soi-même et se transformer en une sorte de « pur esprit », c’est au contraire se relier en pleine conscience au corps que l’on est. Par là, il devient possible de réunifier les différentes composantes de l’être humain, embarqué dans notre hyper-modernité au mode de vie trop souvent dispersé, morcelé, émietté... Cette recherche holistique (holos en grec signifie « tout ») de nouvelles alliances se retrouve dans de nombreuses pratiques somato-psychiques se développant largement aujourd’hui : la méditation sous toutes ses formes, les arts martiaux du geste conscient, les gymnastiques alternatives, la marche comme quête de sens, la psychothérapie par l’hypnose, et bien entendu le yoga… Le point commun entre ces diverses méthodes, est de concevoir le corps lui-même comme le matériau primordial d’un travail de soi sur soi, comme la voie royale pour transformer en profondeur son esprit et changer sa vie de tous les jours. Pour mieux vivre et mieux être, il faut passer tout d’abord par le corps. Si l’on veut accéder à la vie intérieure, il n’y a pas d’autre porte d’entrée! 

Philippe Filliot




La suspension naturelle du souffle

 La Respiration – PRÂNÂYÂMA | MK YOGA Martinique

Plusieurs fois il a été conseillé d'attendre que le besoin d'air déclenche l'inspiration. Certains ont pu croire qu'il s'agissait là d'un moyen technique ayant pour but de favoriser la respiration. En réalité, ce n'est pas un artifice adroit, mais le respect d'une phase que chacun de nous peut observer sur lui-même. 

Étant assis ou étendu pour faciliter un calme propice à cet examen intérieur, on constate, après avoir laisser sortir l'air des poumons, l'existence d'une période de pause plus ou moins longue. 

Cette pause n'est pas une rétention et ne doit pas le devenir, elle souligne le passage naturel de la détente expiratoire à la tension inspiratoire. 

Parfois c'est une véritable découverte intime que cette libre suspension de souffle pendant laquelle on n'a plus envie d'expirer davantage et pas encore besoin d’inspirer déjà. Pour la première fois on perçoit que la tension juste s'élabore au cours d'un lâcher-prise confiant. 

Laissons-nous aller au creux de cette vague respiratoire, elle risque de nous emporter vers des horizons insoupçonnés. L'écho de cette onde de silence apaisant se propage sur trois plans: corporel, mental et supramental, modifiant peu à peu notre comportement. 

Encore faudra t-il à l'avenir ne plus négliger ce moment de détente dynamisante en revenant aussitôt à une respiration à deux temps figurée par des zigzags irréguliers, d'une inspiration courte ou longue suivie d'une expiration insuffisante.

Cette manière commune de respirer localise le souffle dans la zone de tension thoracique relayant le jeu superficiel ou nul d'un diaphragme inerte ou tendu.

Bien qu'au début du moins, il s'avère utile parfois, pour des personnes très nerveuses de ponctuer cette courte suspension en l'accentuant volontairement. Il ne convient pas de "retenir" le souffle mais de le laisser aller au plus bas de sa course pour faire place à l'inspiration suivante. 

Après avoir ressenti l'allègement que nous procure cette suspension naturelle du souffle, nous ne pouvons plus ne pas y recourir.

Mais plus encore qu'un bien-être, cette césure conforme à la nature où règne  la ligne courbe, rétablit l'ondulation fluctuante: "expiration, pause, inspiration" témoignant de l'accord "tension-détente". 

Au contraire, les dents de scie de la respiration à deux temps, génératrice des soupirs, de bâillements sporadiques, manifestent sur le plan physique nos blocages et contraintes des plans psychique et affectif qui se répercutent en tensions discontinues dans l'organisme. Le courant vital qui, normalement, est porté par l'onde respiratoire, s'en trouve alors interrompu, haché, dispersé.

Contrairement à ce que préconisent presque tous les ouvrages sur les pratiques yoguiques, y compris mon "A B C du yoga", la valeur de chaque période ne sera plus chiffrée systématiquement, mais occasionnellement.  

Ainsi au début on contrôlera le temps écoulé en comptant la durée de l'inspiration et de l'expiration, afin de vérifier et de rectifier les rapports des deux phases. Dès que la proportion souhaitée est obtenue, laissez faire le souffle.

On se rappelle que l'expiration se prolonge deux fois plus longtemps que l'inspiration. Cette dernière, comme la pause intermédiaire, pouvant s’étendre sur une ou plusieurs secondes selon l'activité, le repos ou l'amplitude respiratoire. 

Cette façon de procéder supprime toute tendance à la compétition. La tentation de "faire mieux la prochaine fois" n'ayant pas sa raison d'être, ici la plus ou moins grande capacité thoracique n'entre plus en ligne de compte, pas plus que l'état de santé ou l'âge. 

Cette respiration incline à la continuité du travail sur nous-même que suggère cette manière de considérer le yoga. 

Extrait de "Le yoga sans postures" de Philippe De Méric p 170 (livre écrit en 1967)

A lire aussi: "RESPIRATION et rétentions" 

Apprenons à bien respirer pour acquérir une bonne santé. Souvenons-nous que nous ne pouvons vivre sans respirer et qu'en respirant à moitié... nous ne vivons qu’à moitié.  Et dans les textes anciens (Hatha-Yoga-Pradîpikâ), il est précisé : La vie est la période de temps entre une respiration et la suivante, une personne qui respire à moitié vit à moitié. Celui qui respire correctement acquiert la maîtrise de son être.

 


Tout en ressentant les mouvements induits par votre respiration dans le bas-ventre (hara), concentrez-vous sur l'écoute du son OM, psalmodié sur un rythme lent.
En "mixant" ainsi l'écoute du son OM et le ressenti de votre bas-ventre, vous unissez symboliquement la Lumière spirituelle (le OM) et le centre vital de votre corps (le bas-ventre). Le résultat de cette union est la mise en mouvement de l'énergie vitale (chi) à partir de votre bas-ventre, qui pourra se diffuser à l'ensemble de votre corps, pour y apporter davantage d'équilibre et d'harmonie.

Surtout ne cherchez pas à contrôler quoique ce soit, soyez simplement le spectateur détaché (mais concentré) du son OM et de votre bas-ventre, en même temps.

REMARQUE IMPORTANTE :

Si, durant la méditation, des sensations étranges ou désagréables apparaissent, ne vous inquiétez pas, c'est le signe du rééquilibrage des énergies, qui est bénéfique, tels que des états d'âme (tristesse, colère, angoisse), frissons, vertiges, spasmes, bâillements répétés, nausées, douleurs musculaires, etc.

Lorsque de telles manifestations surviennent, interrompez momentanément l'écoute pour mieux recentrer votre attention sur ces phénomènes, en les suivant attentivement dans leur évolution, et ce jusqu'à leur pleine et entière libération/transmutation.

Reprenez ensuite l'écoute audio là où vous l'aviez interrompu.

Réalisée dans ces conditions, cette simple méditation vous permet de réaliser une puissante "catharsis" psychique (purification).





Ressentir

Dans notre quotidien, quand on vit des événements qui nous bousculent ou des choses qui nous affectent en atteignant des personnes que l’on aime, si on se concentre sur notre souffle, est-ce que cela peut nous aider à faire face à notre situation plus facilement, sans devenir insensible, mais le vivre avec moins d’émotion ?

Oui, mais cela ne va pas très loin. Si vous vous donnez à la pratique du souffle à chaque peur, c’est très bien, mais la prochaine fois, il faudra de nouveau le faire. Quand vous êtes dans une situation complexe, cela à très peu de valeur de chercher un truc pour ne pas vous perdre. Quand vraiment c’est intenable, on pourrait dire : « Mettez l’accent sur l’expiration. » Mais ce qui est beaucoup plus essentiel, quand vous vous trouvez dans une situation où tout vous semble complexe, c’est de ressentir corporellement la tension.

Peut-être que vous ne pouvez pas le faire dans l’instant, alors vous le faîte après. C'est-à-dire, vous vous allongez, vous vous asseyez dans votre fauteuil pour localiser corporellement la tension, là où campe l’écho de la situation difficile. Tous les conflits que vous ressentez ont toujours une localisation corporelle : dans le genou, dans le ventre, dans le plexus, dans la poitrine, il y’a toujours une région qui participe. Ressentez dans cette région du corps la réaction de défense, sans vouloir la défaire, la détendre, mais la ressentir. Sentez la gorge, la poitrine complètement en réaction. Explorez.

Si vous pleurez, sentez la larme, la caresse de la larme, sentez le goût de la larme sur le coin de la bouche. C’est une caresse. La tension du visage, les mâchoires, les mains rétractées, les hanches. Déjà vous verrez l’accalmie naissante. Ensuite, quand vous rentrez chez vous le soir, allongez-vous, faites comme on l’a déjà expliqué. Portez le regard sur les régions qui ont été ébranlées dans la journée, pour qu’elles soient envahies par cette vibration. Là se produit un réel changement, parce que lorsque la région physiologique lâche, l’élément psychologique lâche également. Restez sur ce plan purement sensoriel. Il n’y a rien à penser, rien à justifier, rien à expliquer, sinon vous allez constamment tourner en rond.

Le Sacre du Dragon vert. Pour la joie de ne rien être - Eric Baret

Mon parcours yoguique



Formation de 4 années à l’École Française de Yoga de Lille. 
Pendant les deux premières années je découvre trois lignées. Elles ont toutes des approches essentielles qui se complètent: le yoga selon Karlfried Graf Dürckheim, le yoga de l'Energie et  la lignée Nil Hahoutoff que je poursuivrai les deux dernières années. J'en apprécie la rigueur et la précision.
Ces quatre années, en plus de la pratique, sont enrichies par l'enseignement des textes traditionnels et philosophiques indiens, des conférences, des ateliers de connaissances de soi, de l'anatomie et une semaine de stage annuel aux thèmes diversifiés.
Malgré la réussite des tests pratiques et du mémoire je découvre que c'est en  donnant mes cours que la formation commence réellement et c'est avec bonheur que je me nourris régulièrement au travers de lectures mais également lors de stages, lieux d'échanges et de rencontres.

La formation est joyeuse et permanente!

- Mars 2010 weekend avec Lav Sharma (Ayurveda)
- Mars 2011 weekend avec Elisabeth Libraire (Chant Védique)
- Novembre 2011 une journée avec Carmen Sala (La posture selon Shri Mahesh)
- Mars 2012 weekend avec Swami Brahmatattwa ( Pranayama)
- Mai 2012 Les Assises de yoga à Reims sur le thème de la joie.
- Novembre 2012 une journée avec Françoise Vouaux (La méditation selon Shri Maesh)
- Février 2013 weekend avec Marie-Christine Reculard (Chant Holistique)
- Mars 2013 Une semaine de retraite au Village des Pruniers
- Mars 2013 weekend avec Swami Brahmatattwa (Chakras)
- Juillet 2013 Stage d'une semaine avec Elisabeth Audousset  (Yoga dans la lignée Madras + danse)
- Novembre 2013 une journée avec  Pascale Houbin (Les kryas)
- Avril 2014 weekend avec Evelyne Sanier Torre (Le cœur, siège du cheminement spirituel)
- Du 7 au 9 juin et du 23 au 25 août 2014, stage sur le pranayama au Centre de Yoga de l'Aube
- Mars 2015: j'anime une conférence de 2 h à Sangatte "Transposer le yoga dans son quotidien" pour l'association Énergie et Bien-être
- Mars 2015 weekend avec Marc Beuvain (la santé émotionnelle)
- 10/11 octobre 2015 stage avec Gilles Sinquin
- 17 octobre 2015 stage sur le pranayama avec Pascale Houbin
- 6 novembre 2015 Participation au Cercle du pardon
- Avril 2016 Une semaine de retraite au Village des Pruniers
- 26/07 au 01/08 2016 stage avec Isabelle Morin-Larbey  "L'art de la suspension ou l'espace de création"
- 19 et 20 mars 2016 avec Danièle Laffond Koulytchizky
- Du 1 au 3 avril 2016 Avec Sudhir Tiwari: Pranayama, Ayurveda & Méditation. Les photos sont ici
- 2-3 juillet 2017 Stage avec Marc Beuvain : La posture de Yoga, se réapproprier son corps                             - 14 octobre 2017  avec Claudine Cornier sur le thème des fascias

  2018-2020

- Du 19 au 21 janvier 2018, stage "Yoga et Toumo" http://www.catco.eu/nos-cours/toumo/

- 24 mars 2018 avec Lav Sharma: "Yoga et spiritualité"

- 14/15 avril 2018 avec Marc Beuvain "La santé émotionnelle"

-  13 octobre 2018 avec Lina Lemaire: "Le souffle dans la posture" et "Regard sur le Samkhya"

- 27 et 28 avril 2019 avec Marc Beuvain "Se centrer"

- 15 au 25 juillet 2019 avec Yotham Baranes "Yoga du Cachemire & Kriyas-Yogas".

- Mai 2020: Enseignements en ligne des Yogas Sutras (1er chapitre) avec Marc Beuvain 

- 12 au 20 août 2020 avec Yotham Banares: Méditation tantrique de la "Grande Résorption"+++Clic ici

 LES COURS COLLECTIFS:  

Séances chez moi à Bayenghem Les Eperlècques
Séances hebdomadaires en association à Oye-Plage. Voir les horaires ici  

Mais aussi:

- Séances  à domicile
- Séances en plein air
- Séances  avec bâton
Marche et yoga
- Matinées thématiques:
  1. Janvier 2014: Lâcher prise grâce aux yama et niyama
  2. Mai 2015: Découverte des chakras
  3. Février 2015: Se tenir debout
  4. Mai 2015: Rebondir
  5. Janvier 2016: Le pardon 
  6. Mai 2016: Détermination et lâcher prise 
  7. Décembre 2016, janvier et juin 2017: Sens et parfums
  8. Janvier 2018: L'équilibre
  9. Avril, mai, juin, novembre 2018: Pratiquer chez soi
  10.  Janvier 2019: La Joie
  11. Janvier/février 2020: Le silence 
  12. Janvier 2021: L'imperfection

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Photo: Séance de Yoga avec bâton

Séance de yoga sur chaise (en audio)

Cette séance pour tous peut se faire le matin pour dénouer le corps ou le soir pour se détendre. Elle est particulièrement adaptée aux personnes qui ne peuvent faire de postures au sol parce qu'elles ont du mal à se relever ou qui ont mal aux genoux. Donc, si vous avez quelqu'un dans votre entourage qui a des difficultés (un parent âgé par exemple), et qui même n'a jamais fait de yoga, vous pouvez être avec lui pour l'accompagner.


🌎 L'abondance, c'est le partage 🙏



L'abondance ne s'acquiert pas par l'accumulation de choses mais par le partage de celles-ci.




Témoignages sur le défi yoga de 40 jours

 

Le 26 mai à Marck, le 1er juin à Oye-Plage et le 8 juillet à Merville avait lieu les Matinées de Yoga sur le thème "Pratiquer chez soi, Créativité et Autonomie".
Un défi de 40 jours, à raison d'un minimum de 7 minutes par jour, avec quelques astuces pour y parvenir, a été proposé.
Voici les témoignages de quelques personnes. Certaines préfèrent rester anonyme. J'ai supprimé les annotations plus personnelles et formules de politesse.
(J'ai bien fouillé dans mes mails mais si j'ai oublié quelqu'un merci de me prévenir).

Stéphanie: 
J'ai commencé le défi le dimanche 3/6 et je n'ai loupé qu'une séance, samedi dernier. Sur ces 40 jours, je me concentre sur la même posture, avec échauffement, préparation, puis compensation, relaxation, pranayama. Du coup, je me vois progresser de jour en jour sur cette posture. Mes 40 jours se termineront le 12/7 et je redémarrerai une nouvelle série sur une autre posture.
Je travaille la demi-pince, je n'arrivais pas à poser les mains sous le genou, et là j'en suis à mi-tibia, et au bout de quelques respirations, je touche la cheville... Je prépare avec sphinx et sauterelle, et je compense avec le demi pont. 

C : 
Depuis la séance du 8 juillet à Bailleul, je relève le défi des 40 jours ! Je n'ai commencé que le 10  juillet contrairement à ce que je souhaitais faire mais depuis je n'y déroge pas. Je pratique principalement le soir car c'est là où j'arrive à trouver du temps rien que pour moi, dans une maison redevenue calme (quand homme et enfant sont couchés :-)). D'autant que le soir est toujours un moment spécial qui invite à se ressourcer.
Pour la première séance en solo, la veille j'avais préparé la séance que je souhaitais pratiquer. Finalement, je n'ai pas regardé mon papier, je l'ai fait au feeling, selon mon envie du moment. Et depuis, c'est comme cela que je les pratique. Et à chaque c'est un petit moment de grande détente. Je pratique en moyenne 15 min tous les jours. Je me suis accordée 3 jours dispersés de pause pour éviter de courir après le temps. Au mois d'aout, je sais que cela sera un peu plus compliqué car de la famille sera à la maison et je n'aurai vraiment pas beaucoup de temps pour moi. Mais je vais tout faire pour ne pas lâcher ce rythme. Je vais d'ailleurs essayer d'initier ma sœur.
Un temps plus long avec une prof me manque un peu quand même :-) 

Marie-Hélène:
Pour moi ça fait 22 jours, et très contente!
Je me suis fixée une petite base, et j'ajoute des petites choses en fonction de mon temps, de mon humeur, de mes envies. Merci! 

Béryl: 
En ce vendredi 22 juin 2018, je termine ma quatrième semaine de pratique de yoga d’environ 15 mn le matin chaque jour. J’ai choisi de pratiquer du lundi au vendredi, m’accordant une pause que je ressens comme une coupure nécessaire le weekend, en partie pour mieux reprendre et éviter la lassitude d’une routine où je forcerais mon corps. L’obligation chez moi mène à la désincarnation. De ce fait, ce rythme que j’ai adapté à ma personnalité et à mon caractère reflète qui je suis dans le yoga. Pour moi, il était important de ritualiser ce nouveau pli à prendre pour favoriser son inscription dans mon quotidien. J’ai décidé que le matin était le moment le plus opportun.
Après 4 semaines, je ressens déjà plusieurs effets positifs. Tout d’abord, je ressens moins de frustration quand je vais à mes cours de yoga habituels. Parfois, je ressortais de la séance déçu ou insatisfait dans mon corps parce que je n’avais pas eu l’occasion de travailler sur telle ou telle partie. Quand, maintenant, ça m’arrive encore parfois, je me dis simplement : « si demain matin, le besoin d’étirer ma nuque est encore là, je pourrais le faire pendant 15 mn ! »
Ensuite, je sens que ma respiration et ma présence ainsi que ma concentration ne sont plus tout à fait pareil qu’avant. A mon avis, l’exercice de me centrer le matin, même si j’échoue à me centrer, me rend plus présent à moi-même, plus incarné, plus impliqué dans ma vie. Je fais plus attention à mes positions corporelles et j’accorde sans culpabilité plus de place et de soin à ce corps que j’habite et qui me permet l’émergence d’une pleine conscience.
Et enfin, je remarque que j’ai de plus en plus confiance en propre créativité. J’ai compris que si je m’écoutais, si je tendais une oreille attentive mais sans attente toute faite, à mes sensations (douleurs, tensions, envie de bouger, crispations,…) ma séance se faisait presque d’elle-même. Aucun plan de préparation ne m’était nécessaire. Et si parfois rien ne vient, alors c’est l’occasion de travailler sur l’acceptation du corps dans son apparente immobilité, et pendant 15 mn je respire et cela me semble juste et bon.

Anonyme: J'ai fait mon tableau avec 4 fois 10 cases et je le remplis petit à petit
Il y a quelques cases vides par çi par là, ce qui lui donne un aspect "gruyère", mais ce n'est pas grave! Je persévère quand même car ...ça me fait du bien !Tout simplement !


Véronique:
J'avais déjà une pratique régulière  mais le stage a renforcé ma motivation car il a donné des pistes pour mieux construire une séance selon le temps disponible au lieu de la supprimer en se disant" je manque de temps" ! Et aussi varier les séances  en sachant mieux comment évoluer dans la préparation d'une posture.

Bernard:
Je ne suis pas le bon élève, mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Je pense pratiquer pendant les congés qui seront sur les chemins de randonnée, et bien sûr cette année avec le tapis de Yoga.

Anonyme:
J’ai commencé le défi le 4 juin.
Première constatation : la pratique dépasse 7 minutes (je ne regarde pas l’horloge) … 15, 20, 30 minutes. Quand je n’ai pas pris le temps de me poser sur mon tapis, je pratique des exercices respiratoires le  matin ou le soir.
Sans la pratique, une sensation de vide se fait sentir et une petite voix m’appelle.
Je ne me suis pas accordée de  récompense tous les quatre jours, je n’en ai pas ressenti le besoin. En fait, la récompense est là, dans la pratique.
Cette expérience est intéressante en tous points : le tapis est  mon ami !
Je poursuis le défi et je t’enverrai un deuxième jet en développant mes impressions.

Elsa: (1er août) 

Pour ma part, le Yoga continue de m’accompagner chaque jour, même si c’est juste quelques instants, ils me sont devenus précieux.


  







 

Le Sujet ultime : la Conscience



Rien ne peut être dit sur la conscience. Dès que nous parlons de quelque chose, ou que nous y pensons, nous créons une distance, une séparation. Or, la conscience est ce que nous sommes, notre nature véritable et la source de tout. L’esprit ne peut l’appréhender, l’expliquer, car le Sujet ultime ne peut se penser. Il est au-delà des formulations. Il est donc impossible d’y penser, de méditer dessus ou de se l’imaginer.
On ne peut qu’employer des mots évocateurs pour dire le non qualifiable : énergie, lumière, silence, vide. Nous parlerons donc d’une représentation mentale de la conscience.
Nous sommes la conscience. Parce que nous croyons que cela doit être expérimenté, nous essayons d’atteindre cette réalité. Or, la conscience ne peut être expérimentée. C’est le monde et tous ses phénomènes qui peuvent faire l’objet d’une expérience, jamais la conscience qui les contient.
Nous croyons nous connaître à travers tous ces objets de perception de la conscience que sont l’ego, la pensée, la sensation. Nous vivons en ayant toujours conscience de quelque chose. Or les objets n’ont pas de réalité sans un sujet qui les observe. Ce sujet, le Je ultime, ne peut être perçu. Nous ne pouvons jamais l’objectiver. Nous le cherchons en vain dans les pensées, les émotions, les sensations qui ne sont que ses reflets, ses expressions temporelles. La conscience ne peut être associée à rien d’apparent, elle n’est pas perceptible par les sens, ne peut être saisie par la pensée. Elle se manifeste par eux mais en reste détachée. Si nous l’oublions, elle est toujours là. Nous ne pouvons nous éloigner de nous-mêmes. Aussi, laissons-la s’abandonner à elle-même. Bien qu’elle ne puisse pas être objet de perception pour elle-même, elle sait se reconnaître…
Acceptons de ne pouvoir nous trouver dans la projection, dans la sensation corporelle, dans la compréhension ou la perception mentale. La conscience est ce que nous sommes au-delà des mouvements qui vont et viennent. C’est une attention, un accueil. A cause de l’identification au corps, le moi, qui est un objet de perception comme les autres objets, se prend pour le sujet agissant, autonome. Lorsque la réalisation soudaine met un terme à la croyance qu’il y a une individualité autonome qui cherche et agit, demeure un regard témoin, neutre, une observation. Cette réalisation que nous sommes conscience n’est pas une expérience avec quelqu’un qui la ferait. Elle survient lorsque toute expérimentation s’arrête d’elle-même, à cet instant où le sujet se reconnaît comme l’espace au sein duquel tout apparaît. La conscience est alors conscience de soi, pure, vide, et non plus conscience de quelque chose. Lorsque je fis l’expérience de la « mort », ma conscience se réalisa espace infini, conscience universelle. J’étais vivante, bien vivante. Même lorsque nous ne sommes pas conscients de quelque chose, ce que nous sommes véritablement ne cesse pas d’être. C’est parce que nous n’avons pas réalisé notre véritable nature que nous croyons mourir lorsque le corps disparaît ou que les pensées s’arrêtent. La conscience n’est pas un état. Elle est l’essence de la vie, éternelle.
C’est par la conscience que tout est perçu. Elle voit le spectacle du monde manifesté par elle-même sur un champ qui n’est autre qu’elle-même. Cela ne veut pas dire que ce spectacle soit irréel, mais il est faux de le considérer comme une réalité absolue, c'est-à-dire qui existe par elle-même. Toutes les perceptions, tous les objets ne peuvent exister sans une énergie lumière qui les éclaire : la conscience.
La totalité de la manifestation est une apparition dans la conscience. Tout ce qui est perçu, vu, apparaît en elle. Chaque pensée, chaque évènement est un mouvement dans la conscience, provoqué par elle. Tout est objet pour la conscience, le Sujet ultime non connaissable.
L’homme fait partie du manifesté au même titre que le monde. Le monde n’a pas été créé pour l’homme. Les animaux, les plantes, la terre ne sont pas différents de nous, même s’ils ne vivent pas selon le même mode. Tout participe de la même expression. La conscience est une et englobe tout. Les différences ne sont que dans le mental. Dès que la conceptualisation s’arrête, la paix est là, le silence, la perception pure, car seule affleure la conscience. Elle est pure présence. L’énergie de son jeu peut œuvrer librement dès que tout notre être exprime avec évidence cette pure présence.
La conscience est omniprésente, en chaque créature, en la nature et en la terre. Lorsque nous comprenons que tout est elle, le fardeau des questionnements et des souffrances est aussitôt abandonné. Tous les mouvements de la vie sont perçus pour ce qu’ils sont, des manifestations dans un temps et un lieu donnés. Nous voyons que tout ce qui naît et meurt est le reflet de notre nature véritable, immuable. Nous sommes tout. La question des différenciations entre bien et mal, limité et infini, servitude et libération ne se pose plus. Il devient clair que l’univers n’est qu’une seule et même substance et que nous en sommes inséparables. Lorsque nous rencontrons quelqu’un, lorsque nous voyons quelque chose, nous nous rencontrons et nous nous voyons nous-mêmes. C’est une même réalité, un même espace vide. La conscience est cet espace vide. A cause de l’existence des formes variées, l’espace intérieur parait différent. Or, lorsque la forme disparaît, l’espace intérieur devient un avec l’espace universel. Il l’a toujours été…
Dans notre dimension terrestre, nous laissons notre conscience fonctionner comme une entité conditionnée par ce qu’elle manifeste. A chaque expérience, cet espace de perception s’identifie au corps et génère le sentiment d’un moi. Inlassablement, notre mental porte des jugements sur la multitude des phénomènes qui apparaissent, neutres à leur source. Notre existence devient une suite de désirs et de peurs, un combat à mener. Or tout ce qui apparaît est la vie même, pure en son essence, qui s’offre à nous par et dans la conscience. Tout émerge de cet espace et s’y déroule. Il s’agit de comprendre que rien ne dépend d’un extérieur créé par le mental. Chaque phénomène est en nous, en tant qu’expression visible de la réalité une. La destinée, qui est un enchaînement de circonstances liées au temps, émane de cet espace vide. Ainsi chaque évènement est précieux et doit être considéré comme une bénédiction. Nous devons tout accueillir dans le silence de notre conscience atemporelle. Tout émerge de là et y retourne, dans un mouvement parfait tel qu’il est.
Notre individualité est un reflet dans l’énergie lumière. Je ne suis pas le reflet. Je suis la conscience. Ce n’est pas la conscience qui se dit sujet, car en elle il n’y a aucune séparation. Elle est tout, la substance de toutes les manifestations. Il n’y a aucune distinction fondamentale entre l’absolu et le monde manifesté. L’ultime réalité et ses objets d’expression sont un. Tout ce qui existe est la conscience, en laquelle tout surgit.
Quand toute la manifestation est perçue comme une apparition au sein de la conscience, l’esprit ne recherche plus rien à l’extérieur. A l’extérieur de quoi ? Il est englobé lui-même, ainsi que les objets qu’il poursuit. « Je » est présent en tout et tout est en Lui.
Rien n’est séparé de la conscience. Pour cette raison, nous ne pouvons l’objectiver. Tout ce qui peut être expérimenté, ou même seulement observé, n’est pas la conscience elle-même. Même lorsque le silence est perçu, ce n’est pas ce que nous sommes. C’est un reflet, une émanation. Ce que nous sommes véritablement est la perception elle-même, l’observation elle-même, dans l’absence d’observateur et d’observé.
La conscience est observation et rien ne se passe pour elle. Elle n’est jamais altérée, quoi qu’il arrive, quel que soit l’évènement que nous expérimentons ou la souffrance que nous ressentons. Nous sommes cette observation immuable et non le spectacle qui se déroule
continuellement et auquel nous nous identifions à tort. Le monde peut disparaître à l’instant. La conscience est. Elle n’est pas liée au monde, ne se soucie pas de la fin des phénomènes ou des formes de vie. Elle n’est jamais affectée par les changements, les disparitions, par tout ce qu’elle reflète. Elle conserve toujours sa nature indifférenciée, même à travers ses expressions limitées. Elle est le contenant de la totalité du manifesté ainsi que du non manifesté. Lorsqu’elle est sans objet, elle est conscience infinie, impersonnelle, sans forme, sans cause. On peut aussi l’appeler vide, plénitude, silence. C’est ce que nous sommes de toute éternité.
Nous sommes, à cet instant même, ce réceptacle sans limite, lumineux, intemporel, cette vacuité silencieuse au sein de laquelle tout se produit. Nous sommes en essence en toute chose, les uns dans les autres au sein d’une même substance cosmique. Il n’y a rien à atteindre dont nous soyons séparés.
Lorsque l’espace est désencombré de l’esprit diviseur, lorsqu’il est paisible, grand ouvert, la conscience affleure et nous fait percevoir la réalité ultime dans la multitude des phénomènes qui se manifestent. Cette part éternelle se révèle dès que tout notre être s’abandonne à ce qui lui est proposé. Elle n’est pas liée à notre personnalité, ne dépend ni de nos pensées, ni de nos actes. Elle n’est concernée ni par nos souffrances, ni par nos attentes de bonheur. Elle est le flux ininterrompu présent dans toutes les formes, ce témoin qui observe en silence tout ce qui apparaît et disparaît dans son champ. Nous n’avons rien d’autre à faire que de découvrir en nous cette source silencieuse qui rayonne aux dimensions infinies de l’univers et de nous y absorber.

« Ô toi qui cherche le chemin, reviens sur tes pas car c’est en toi que se trouve le secret. » (Ibn Arabî)

Nicole Montineri
http://conscience-espace.over-blog.com/


La respiration


Une bonne synthèse sur ce qu'est la respiration et l'importance du diaphragme.


Respirer en conscience du matin au soir:

- Le matin, allongé, avant de se lever : inspirez par le nez, expirez bruyamment par la bouche. 10 séries. (Attendre un peu avant de vous lever pour éviter l’étourdissement)

Cela permet de faire aller le sang dans les extrémités. Rend les mains et les pieds chauds, masse le foie, supprime les stagnations. Masse les intestins, fait aller à la selle, donc désempoisonne le corps.


- Le soir : souffler très lentement comme sur la flamme d’une bougie sans la faire vaciller.

Rajouter une visualisation : l'air gris qui sort

Si insomnie, compter les respirations (1 inspir/expir, 2 inspir/expir, …jusqu’à 10)


- Dans la journée : des arrêts réguliers de 10 respirations conscientes. S’arrêter 15, 30 fois ou plus dans la journée.

Les activités sont centrifuges (de l’intérieur vers l’extérieur), nous vidons nos batteries.

Respirer en conscience c’est se recharger.


La respiration nous aide à agir en pleine conscience, c'est-à-dire à être de plus en plus conscient de faire de qu’on est en train de faire.

Nous passerons peu à peu, grâce à la répétition, de la compétence consciente à la compétence inconsciente,

Grâce à cette respiration consciente, nous gérons mieux nos émotions et construisons de nouveaux circuits neuronaux.






Maia, 95 ans: Exercice, Joie, Simplicité


La joie du yoga à tout âge. Magnifique documentaire.

Tourné à Fire Island, New York, ce film capte les secrets de la jeunesse éternelle de Maia Helles. C'est une danseuse de ballet russe de 95 ans. Elle est restée indépendante et se porte comme une personne de quarante ans.
Réalisé par Julia Warr, artiste et cinéaste (juliawarr.com) avec Maia il y a 5 ans. Maia est convaincue des avantages de sa routine et de ses exercices quotidiens qu'elle a mis au point, en collaboration avec sa mère, il ya 60 ans, bien avant la venue des cours de yoga
Musique Lola Perrin





Perspective spirituelle des postures de Yoga. Par Koos Zondervan




Koos Zondervan dans bhadrasana
L'esprit et le corps des êtres humains deviennent généralement progressivement conditionnés au cours de leur existence.
Pour l'esprit, cela signifie que nous réagissons progressivement aux événements de manière programmée.
Pour le corps, cela signifie qu'il est progressivement limité dans sa liberté de mouvement, à cause de tensions conditionnées (ce qui veut dire qu'elles sont programmées dans le cortex cérébral).
De ce fait, la souplesse graduellement diminue. Ces tensions conditionnées peuvent parfois avoir pour effet de perturber jusqu'à la position des os.
Le corps d'énergie, ou la couche prânique (prânâmâyakosha), qui parmi d'autres choses est responsable de la communication entre l'esprit et le corps physique, souffre également des conditionnements physiques. Généralement ces conditionnements physiques entraînent chez la plupart des gens au cours de leur existence un affaiblissement du corps d'énergie, qui pour ainsi dire s'atrophie. De ce fait, la conscience du corps s'amoindrit, de même que la sensibilité et la vitalité.
Jean Klein nous enseignait qu'il est possible d'inverser ce processus négatif. Par ailleurs, une telle inversion augmenterait les possibilités de notre développement spirituel au cours de cette existence. L'essence de l'approche qu'il recommande peut se caractériser par ce seul mot : “écoute”.
En ce qui concerne l'esprit, cela signifie qu'il vous faut observer votre propre fonctionnement aussi clairement que possible, comme un témoin, sans juger ni vouloir vous améliorer. Vous constatez à partir de quels motifs vous agissez, et aussi comment vous réagissez mentalement et corporellement aux gens et aux événements.
En ce qui concerne le corps, nous pouvons nous référer au texte de mon article “Principes du Yoga du Cachemire”. Ce texte recommande de pratiquer le yoga dans un esprit d'observation ouvert et accueillant, l'attention orientée vers la sensation tactile. Ainsi vous écoutez votre corps par le biais du sens tactile.



  • La première fonction des postures de yoga résulte de cette écoute attentive pendant notre pratique, afin de devenir conscient des résistances et des rigidités inscrites dans notre corps.


Bien qu'un mode de vie non naturel (par exemple une mauvaise alimentation) puisse aggraver les raideurs du corps, la cause la plus importante en sont les tensions musculaires conditionnées. Ces tensions musculaires conditionnées sont dues aux stress, efforts et réactions de notre mental, ce qui s'accompagne du raccourcissement de nos muscles.
Afin d'illustrer cette première fonction des postures de yoga, un exemple :
Je me souviens qu'au cours d'une de mes premières leçons de yoga avec Jean Klein, alors que nous étions assis au sol avec les jambes allongées, il me dit en passant près de moi : “Votre jambe droite a tendance à être trop courte”.
A ce moment-là je n'ai pas su que faire de cette information. Toutefois, lorsque quelques minutes plus tard nous étions dans la posture de bhadrâsana (aussi nommée gorakshâsana) (fig.1), j'ai remarqué une forte résistance dans la hanche droite, qui empêchait le genou droit de descendre aussi bas que le gauche. Je réalisai qu'il était possible que ce soit en lien avec la remarque que Jean Klein m'avait faite quelques minutes auparavant, au sujet de la tendance de ma jambe droite à être trop courte.


Je me suis occupé de ce problème pendant ma pratique quotidienne de yoga, tôt le matin avant le petit déjeuner. Je commençais par stimuler le corps d'énergie en pratiquant kapâlabhâti et du prânâyâma. Ensuite je pratiquais bhadrâsana en donnant toute mon attention au sens tactile, à la sensation corporelle. Afin d'être capable d'éviter de forcer le corps, je posais mes mains au sol devant moi et ensuite je commençais à me pencher en avant à partir des hanches, très lentement et soigneusement. En même temps, j'écoutais le corps, car il est essentiel de gérer le corps de façon amicale. Il n'est pas permis que ce genre de pratique devienne réellement douloureux. Il est important aussi de prendre le temps nécessaire pour procéder ainsi.
Je restais souvent dans la posture pendant 5 ou 10 minutes, tout en stimulant le corps d'énergie en ralentissant l'expir à l'aide d'ujjâyî. Pendant l'inspiration, l'évocation par la sensation tactile que l'avant du corps devenait plus spacieux a également contribué à la libération de la zone de la hanche droite, car cela a permis au tronc de descendre davantage.
Après avoir pratiqué pendant quelques semaines de cette façon, à un certain moment lors d'une séance, soudainement et avec un certain bruit le genou droit est descendu en même temps que j'expérimentais le relâchement de tensions dans les muscles près de la hanche droite. Bien que le problème fût résolu, afin de stabiliser cet acquis, j'ai continué à pratiquer ainsi pendant deux semaines. Le résultat : lorsque je pratiquais bhadrâsana, les deux genoux touchaient presque par terre et la résistance avait disparu. “La tendance de ma jambe droite à être trop courte” avait disparu également. J'eus la preuve à cette occasion-là que des tensions musculaires conditionnées pouvaient aller jusqu'à causer un dérangement dans la position des os.
Lorsque ce problème fut résolu, il s'en suivit un gain important : la capacité de mon corps à pratiquer padmâsana et siddhâsana était devenue bien meilleure qu'avant. Il m'apparut qu'il était maintenant possible de rester confortablement pendant longtemps dans ces postures. Assis dans ces postures, je réalisai alors qu'elles étaient conformes aux critères formulés par Patanjali lorsqu'il précise qu'une posture doit être stable (sthira) et agréable (sukha).
Maintenant vous pourriez penser que ceci était un succès, que les muscles autour de la hanche droite étaient désormais déconditionnés, libérés. Ce n'était pourtant que partiellement vrai. Lorsque, deux ans plus tard, pendant une séance de yoga, je restai plus longtemps que d'habitude dans une torsion assise (matsyendrâsana), mon corps se mit à réagir d'une façon qui était nouvelle pour moi. A un moment donné, mon corps se mit soudainement à se raidir puis à trembler, en même temps qu'il se couvrait de transpiration. Là-dessus, dans la région de la hanche droite, pour la seconde fois une énorme tension se relâchait. Puis tout mon corps se détendit complètement dans la posture.
Après cette séance, je réalisai que j'avais reçu la preuve par l'expérience des deux points suivants énoncés par Jean Klein :
Les conditionnements sont programmés dans le cerveau par couches (comme les pelures d'un oignon).”
Je peux constater que ceux de mes étudiants qui ont l'habitude de tenir les postures plus longtemps en bénéficient plus que les autres.”
C'est seulement parce que je suis resté dans matsyendrâsana plus longtemps que d'habitude que cette posture a pu déclencher le relâchement de tensions.



  • Comment prendre conscience de tensions musculaires conditionnées : recherchez quelles sont les postures ou exercices que vous n'aimez pas. Souvent vous n'aimez pas une certaine posture parce qu'elle révèle des problèmes corporels. Je me rappelle qu'il y a longtemps, je n'aimais pas du tout me pencher en avant dans la posture assise avec les jambes allongées en ouverture. La raison en était qu'un certain nombre de muscles étaient trop raides pour permettre un bon étirement.


Ce problème avait été résolu de la façon suivante :
Dans la posture de départ j'orientais mon attention vers le sens tactile, vers la sensation corporelle. Si vous réalisez que le cerveau humain ne peut s'intéresser qu'à un sens à la fois, il vous apparaîtra clairement que le fait de fermer les yeux facilite les choses. Je déposais les paumes de mes mains au sol devant moi. Ensuite, pendant 10 ou 20 secondes, je portais mon attention sur les points de contact de mon corps avec le sol. Puis je portais mon attention sur la sensation globale du corps, ce qui me permettait de sentir mon corps continuellement dans sa totalité. Je gardais les jambes légèrement fléchies. Je régulais mon souffle en allongeant chaque expiration à l'aide d'ujjâyî.
Ensuite de quoi je laissais lentement glisser mes mains vers l'avant jusqu'au moment où l'étirement était sur le point de devenir douloureux. Je m'arrêtais là et, tout en continuant à réguler mon souffle, je travaillais avec mon sens tactile de la façon suivante : pendant l'inspiration j'évoquais la sensation que la partie avant de mon corps ainsi que le visage s'étalaient dans l'espace, et en même temps j'évoquais la sensation que mes plantes de pieds poussaient quelque objet imaginaire vers la gauche et vers la droite. Pendant l'expiration, qui était freinée par ujjâyî, je m'accordais à l'espace devant le corps. Je continuais à pratiquer ainsi pendant à peu près une minute. Ensuite je remontais lentement avec le tronc et j'observais les changements au niveau de la sensation corporelle, jusqu'à ce que toutes les réactions se dissolvent dans la sensation globale du corps.
Je commençai à pratiquer cet exercice quotidiennement, et tout comme j'avais procédé avec le premier problème que j'ai décrit, je stimulais le corps d'énergie avec kapâlabhâti et du prânâyâma chaque matin avant le petit déjeuner. Après quelques semaines il y avait encore beaucoup de résistances dans les muscles des cuisses, mais je remarquais qu'il y en avait déjà moins.
Quelques semaines plus tard, l'état musculaire s'était clairement amélioré et l'exercice lui-même devenait moins désagréable, et à certains moments il devenait même très agréable. Alors un jour je ressentis pendant l'exercice le relâchement soudain d'une importante tension dans la région du pelvis, et au même instant, à ma grande surprise, il me devint possible “d'embrasser” le sol devant moi avec les deux bras et de déposer le tronc et le menton au sol. Je réalisai lors de cette expérience que d'importants conditionnements s'étaient dissous.



  • La seconde fonction des postures de yoga découle de la première fonction. Jean Klein décrivait cette seconde fonction de la manière suivante : “L'intention est de travailler régulièrement avec les postures jusqu'à ce que toutes les résistances et tensions présentes soient dissoutes, tout comme un pianiste joue de nombreuses fois sa partition jusqu'à maîtriser sans effort tous les passages qui au début posaient problème.”


Ceci nous ramène à nos propres désirs, car dès lors que vous devenez conscients de tensions et résistances importants dans votre corps, émerge un désir naturel de le libérer de ces problèmes. Il apparaît que la clé du succès est d'éveiller le corps d'énergie tout en travaillant les postures, ainsi que je l'ai indiqué dans l'article “Principes du yoga du Cachemire” et élaboré dans mon livre “Le yoga tantrique”. Une fois que le corps d'énergie est bien activé, il va fonctionner comme un catalyseur dans le processus de déconditionnement du corps physique.
Suite à mes premières leçons de yoga avec Jean Klein aux Pays-Bas (1975-1976), je fus tellement touché par son approche que je commençai à suivre ses séminaires dans plusieurs pays d'Europe. Sous sa guidance, le corps d'énergie fut bientôt activé au point qu'il était perçu directement et que le corps physique commençait à se libérer de lui-même de ses résistances et rigidités. Je me souviens qu'en ce temps-là, Jean Klein nous faisait pratiquer de nombreuses séries de kapâlabhâti et de prânâyâma (sans rétentions). Il nous expliquait qu'il était essentiel d'ouvrir les canaux d'énergie (nâdis) et de renforcer la circulation de l'énergie.
L'entraînement au prânâyâma de Jean Klein était caractérisé par :
  1. L'importance donnée à une assise correcte.
  2. Le fait de “filtrer” le flux de l'inspir et de l'expir en réduisant le passage de l'air dans une ou les deux narines.
  3. La pratique constante de uddiyâna bandha.
Il insistait sur la nécessité d'une maîtrise complète des muscles abdominaux afin d'être capable de pratiquer kapâlabhâti et le prânâyâma de manière correcte.
Cette maîtrise s'acquiert progressivement en s'entraînant à rétracter la paroi abdominale tandis que tous les autres muscles (visage, langue, gorge, épaules) restent complètement relaxés.
Inspiré et éveillé énergétiquement par ces séminaires, qui pour la plupart s'étendaient sur une semaine, je commençai chez moi à travailler de manière sélective sur les parties problématiques de mon corps jusqu'à ce que toutes les rigidités et résistances dont j'étais conscient se dissolvent.
Le fait de devenir conscient des rigidités et résistances du corps et par la suite leur élimination, peut être considéré comme un “travail préparatoire”.



  • La troisième et la plus importante fonction des postures peut apparaître à son plein avantage seulement lorsque ce travail préparatoire est accompli et que l'énergie de vie peut circuler de façon optimale. À ce sujet, Jean Klein disait que le but ultime du yoga qu'il enseignait était la transformation du “corps réel”. Il disait aussi que les postures avaient un effet psychologique et spirituel.

Le corps réel est constitué des couches plus profondes (koshas), qui déterminent notre constitution psychologique et spirituelle. Ce que nous nommons “l'esprit humain” est en fait le fonctionnement de ces koshas. Dépendant de notre niveau spirituel, différentes voies ou moyens (upâyas) existent pour aller plus loin. Depuis quelques dizaines d'années, d'excellents livres sur la tradition spirituelle du Cachemire ont été publiés en français, anglais et allemand. Une sélection en est donnée dans la bibliographie.
Ainsi qu'il a été mentionné dans l'article “Principes du yoga du Cachemire”, padmâsana et siddhâsana sont les postures les plus importantes. Selon Jean Klein, parmi les postures, siddhâsana est la plus transformante. Il disait aussi de siddhâsana qu'elle était la plus purifiante. Ce qui correspond à ce qu'en dit la Hatha Yoga Pradîpikâ :
De même qu'une alimentation mesurée (mitâhâra) est pour les sages la première des observances (yama), et la non violence (ahimsâ) la première des disciplines (niyama), de même les sages considèrent siddhâsana comme la principale d'entre toutes les postures (asana).” (chapitre 1, verset 38)
Parmi les 84 postures, siddhâsana devrait toujours être pratiquée, car elle purifie les 72'000 nâdi de toute impureté.” (chapitre 1, verset 39)
Comme je l'ai décrit précédemment, le fait d'activer le corps d'énergie est d'une importance vitale dans le processus d'élimination des résistances et des rigidités, à travers lequel le corps devient capable de rester dans les postures importantes de façon plus juste et plus détendue. L'effet transformant d'une posture est transmis aux couches plus profondes (koshas) par le corps d'énergie. Ceci signifie que si le corps d'énergie devient plus puissant, alors l'effet transformant des postures augmente, y compris au niveau spirituel. Le fait d'élever notre niveau spirituel peut être considéré comme un “capital spirituel”. Ce capital spirituel va automatiquement vous accompagner dans votre prochaine incarnation.

Bibliographie
En anglais
  • The book of Listening, Jean Klein, Non-Duality Press, Salisbury 2008
  • Kashmir Saivism, The Central Philosophy of Tantrism, Kamalakar Mishra, Rudra Press, Portland 1993
En français
  • Le Vijñâna Bhairava, Lilian Silburn, Édition-Diffusion de Boccard, Paris 1961 (plusieurs réimpressions)
  • Le Paramârthasâra, Lilian Silburn, Édition-Diffusion de Boccard, Paris 1957 (plusieurs réimpressions)
En allemand
  • Abhinavagupta, Wege ins Licht, Bettina Bäumer, Benziger Verlag, Zurich 1992
  • Trika: Grundthemen des Kashmirischen Sivaismus, Bettina Bäumer, Salzburger Theologische Studien 21, Tyrolia Verlag, Innsbruck-Wien 2003
October 19, 2014

traduit de l'anglais par Barbara Litzler

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