Nouveau! Cours de yoga aux "Bains de l'Aa"

juin 16, 2018 Samtosha Yoga 0 Commentaires

Dorénavant je donne des cours de yoga au "Bains de l'Aa"   http://www.lesbainsdelaa.fr/

179, Chemin du Halage
59820 SAINT-GEORGES-SUR-L'AA

Les cours auront lieu les :
- mardi de 18h30 à 19h45
- samedi de 9h30 à 10h45

Les réservations se font en ligne via le site internet des bains de l'Aa après avoir créer votre profil.
A bientôt !




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Ressentir

juin 11, 2018 Samtosha Yoga 0 Commentaires

Dans notre quotidien, quand on vit des événements qui nous bousculent ou des choses qui nous affectent en atteignant des personnes que l’on aime, si on se concentre sur notre souffle, est-ce que cela peut nous aider à faire face à notre situation plus facilement, sans devenir insensible, mais le vivre avec moins d’émotion ?

Oui, mais cela ne va pas très loin. Si vous vous donnez à la pratique du souffle à chaque peur, c’est très bien, mais la prochaine fois, il faudra de nouveau le faire. Quand vous êtes dans une situation complexe, cela à très peu de valeur de chercher un truc pour ne pas vous perdre. Quand vraiment c’est intenable, on pourrait dire : « Mettez l’accent sur l’expiration. » Mais ce qui est beaucoup plus essentiel, quand vous vous trouvez dans une situation où tout vous semble complexe, c’est de ressentir corporellement la tension.

Peut-être que vous ne pouvez pas le faire dans l’instant, alors vous le faîte après. C'est-à-dire, vous vous allongez, vous vous asseyez dans votre fauteuil pour localiser corporellement la tension, là où campe l’écho de la situation difficile. Tous les conflits que vous ressentez ont toujours une localisation corporelle : dans le genou, dans le ventre, dans le plexus, dans la poitrine, il y’a toujours une région qui participe. Ressentez dans cette région du corps la réaction de défense, sans vouloir la défaire, la détendre, mais la ressentir. Sentez la gorge, la poitrine complètement en réaction. Explorez.

Si vous pleurez, sentez la larme, la caresse de la larme, sentez le goût de la larme sur le coin de la bouche. C’est une caresse. La tension du visage, les mâchoires, les mains rétractées, les hanches. Déjà vous verrez l’accalmie naissante. Ensuite, quand vous rentrez chez vous le soir, allongez-vous, faites comme on l’a déjà expliqué. Portez le regard sur les régions qui ont été ébranlées dans la journée, pour qu’elles soient envahies par cette vibration. Là se produit un réel changement, parce que lorsque la région physiologique lâche, l’élément psychologique lâche également. Restez sur ce plan purement sensoriel. Il n’y a rien à penser, rien à justifier, rien à expliquer, sinon vous allez constamment tourner en rond.

Le Sacre du Dragon vert. Pour la joie de ne rien être - Eric Baret

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Le yoga, gymnastique ou philosophie ?

juin 11, 2018 Samtosha Yoga 0 Commentaires


 Si le corps est bien au centre de la pratique du yoga, ce dernier est une sagesse bien plus large qu’un ensemble d’exercices corporels. Grâce à une observation fine de l’homme par l’homme et de la souffrance inhérente à sa condition, le yoga cherche à le libérer en l’aidant à retrouver une unité.
Le yoga naît dans des milieux de penseurs qui veulent comprendre pourquoi l’être humain est malheureux, instable, malade, et qui attribuent ce mal-être à une séparation avec l’essentiel, à un état de division, de dispersion.

L’existence est placée sous le signe d’une perte, d’un exil de la dimension divine, de l’harmonie cosmique, de l’empathie avec soi et les autres. Le yoga propose alors de se réunifier, de se recentrer pour retrouver de la stabilité.

Cette sagesse, cette philosophie de la médiation corporelle s’appuie sur une tradition orale puis écrite. D’abord les Upanishads, composés entre le VIIIe et le IIIe siècle avant notre ère. Puis la Bhagavad Gîta et son puissant guerrier, mi-homme mi-dieu, en prise avec le doute, la crise existentielle au milieu du champ de bataille où sa mission est de défendre son peuple. Sa rencontre avec Krishna, une des incarnations du dieu Vishnou, va le conduire vers une sagesse de l’action, le karma-yoga. Arjuna entre dans une démarche libératrice qui le réconcilie avec sa vocation et lui permet de rencontrer le divin ». Ici, « yoga » est dans le sens de discipline, d’ascèse.

Mais c'est autour de notre ère que le yoga va vraiment se structurer grâce à l'apparition d'un texte majeur, les Yoga-sûtra, de Patañjali. On sait peu de chose sur l'auteur. Mais, en 195 aphorismes, appelés sûtra, Patañjali a réuni des connaissances plus anciennes et développé un véritable enseignement pratique et philosophique. Son premier sûtra propose une définition : « Le yoga est la cessation ou la suspension des fluctuations du mental. » Puis il accompagne le lecteur dans un parcours en huit étapes, que l'on appelle les huit « membres du yoga ». Le premier se nomme yama, en sanskrit. Il propose des observances utiles à la vie en société, qui constituent les principes de l'éthique du yoga : la non-violence, dire la vérité, ne pas voler, la fidélité à un engagement et l'absence du sens de la possession, c'est-à-dire le fait de ne pas vouloir plus que ce dont nous avons besoin. Une sorte de « sobriété heureuse » chère à l'essayiste Pierre Rabhi. Le deuxième principe est niyama, la discipline personnelle : les règles à suivre comme la propreté, le contentement et la sérénité, l'ardeur dans l'engagement, la connaissance de soi et le fait de distribuer les fruits de l'action au courant de la vie, de ne pas les garder pour soi. Le troisième membre est asana, le plus connu, puisque c'est celui des postures. Le quatrième, pranayama, se concentre sur le souffle, l'apprentissage de la respiration. Les quatre étapes suivantes engagent un travail sur soi plus approfondi : pratyahara, le retrait des sens ; dharana, la concentration ; dhyana, la méditation et samâdhi, l'éveil.

Ce chemin du yoga se parcourt au contact d'une personne vivante et formée. La transmission orale d'un professeur à un élève reste irremplaçable, dans le respect de l'autonomie de l'autre, et peut s'accompagner d'une lecture personnelle des textes. Mais chacun emprunte cette route à son rythme en cherchant le yoga qui lui convient. Il n'y a pas un yoga, qui serait breveté, traditionnel, orthodoxe, mais des yogas plus physiques, des yogas plus méditatifs qui s'appuient sur la vibration sonore ou la visualisation de formes et de couleurs, des yogas dévotionnels dans lesquels on se concentre sur une divinité ; des yogas de la connaissance afin de discipliner l'ego et l'esprit.

Dénué d'esprit de compétition, le yoga ne cherche pas à réaliser une performance. Il s'inscrit donc à contre-courant des injonctions du toujours plus - plus vite, plus fort, plus jeune. En nous faisant vivre notre corps autrement et accéder parfois à une clarification du mental, il est une véritable école de l'attention au geste, au souffle et à nos perceptions sensorielles au quotidien. Ses vertus sont immenses mais il n'est pas une thérapie. Il peut avoir des effets thérapeutiques par une pratique régulière. C'est naturellement grâce à une meilleure harmonisation du corps et de l'esprit qu'il nous permet d'être en meilleure santé, de mieux gérer nos émotions, d'apprivoiser la souffrance. Il rend plus heureux, plus libre : sa finalité est plus vaste qu'un projet thérapeutique.


Article extrait du magazine "La vie"


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