La respiration Kapalabhati

juillet 09, 2016 Marie-Eve Millioz 0 Commentaires








Kapalabhati se pratique avec de petites expirations rapides et énergétiques, qui se succèdent « en rafale ». Entre deux expirations, l’inspiration se fait passivement. Ce qui caractérise Kapalabhati, c’est exactement ce qui le différencie de la respiration habituelle:



Respiration habituelle:
Inspiration active, expiration passive
Kapalabhati:
Inspiration passive, expiration active.



En Pranayama, l’expiration est plus lente que l’inspiration. Dans Kapalabhati, c’est le contraire. L’expiration est très rapide (1/10e de seconde environ). L’inspiration varie entre 3/10e et 8/10e de seconde.



Le thorax reste immobile pendant Kapalabhati: avant de commencer, on bombe le thorax qui reste bloqué en position d’inspiration. C’est le diaphragme et la sangle abdominale qui vont créer le mouvement expiratoire.



Technique classique



Important: Kapalabhati se pratique à jeun ou en dehors des moments de digestion.



Asseyez-vous confortablement (assis jambe croisées, sur un petit coussin, ou sur une chaise), de sorte à conserver le dos droit, les épaules détendues et l’avant du corps bien dégagé. Cherchez à donner de la place au plexus solaire et veillez à ne pas vous appuyer dessus. Pour commencer, ainsi que pendant les phases inspiratoires, le ventre est libre et fait saillie. Il est important de placer le centre de gravité dans le bas-ventre, en-dessous du nombril. Ceci est important, car on ne cherchera pas à rentrer l’estomac pendant les expulsions d’air.



Faire de petites expirations rapides et énergétiques, presque abruptes. Pour faire comprendre ce qui se passe, je demande parfois à mes élèves, d’imaginer qu’ils sont les mains attachées mais qu’ils veulent expulser une petite mouche curieuse qui essaie de rentrer dans une narine: l’expiration est exactement de ce type. Elle peut être vraiment forte ou plus atténuée, ce qui convient mieux à l’apprentissage. La sangle abdominale se contracte, en direction du bas-ventre (et non vers le plexus solaire, attention).



L’inspiration n’est pas contrôlée: l’air vient automatiquement remplir les poumons, pendant le moment de pause, entre deux inspirations. Le ventre fait alors saillie, sans que l’on y pense.



Pratiquez 10 à 50 respirations en Kapalabhati au début. Avec l’expérience, un cycle peut devenir beaucoup plus long (100 expirations ou plus).



Le ventre est relâché à l’inspiration et il rentre à l’expiration.



Certaines écoles préconise une rétention d’air, poumons pleins après une série de Kapala Bhati: 10 secondes, voire jusqu’à aussi longtemps que confortable. Pour ceux qui les connaissent, appliquez les Bandha (ligatures) pendant la rétention. Vous pouvez visualiser l’énergie qui monte, tel un arbre lumineux, depuis la base de la colonne vertébrale, jusqu’au point entre les sourcils.



Prenez quelques instants pour observer le plexus solaire qui est stimulé et l’énergie qui circule dans le corps.



Expirez lentement. Puis faites quelques respirations lentes, profondes et régulières.



Pratiquez 3 cycles de Kapalabhati pour une séance normale de Pranayama.



Visualisez l’air qui circule dynamiquement pendant Kapalabhati: il entre et sort de vos poumons. Il est source d’énergie et de purification.



Autres circonstances de pratiques



Après l’avoir pratiqué en tant que Kriya et en tant que Pranayama, tel que décrit ci-dessus, on m’a appris à intégrer un kapalabhati doux pendant la pratique de certains asanas, tels que la torsion vertébrale (Ardha Matsyendrasana), par exemple. Je trouve cette pratique bénéfique, pour le massage des organes, la stimulation de l’énergie et l’amélioration de la respiration qu’elle procure.




Quand pratiquer Kapalabhati



En début de séance de Pranayama (respiration): chasse l’air résiduel et augmente le niveau général de Prana (énergie vitale)

En début de séance d’Asana: bonne oxygénation du sang.

En cas de fatigue: il m’arrive de le pratiquer avant de prendre le volant, par exemple.



Effets de Kapalabhati



Rejet de l’air résiduel des poumons (air vicié)

Rejet de CO2 et décrassage de l’organisme

Oxygénation très utile pour les sédentaires

Activation de la circulation sanguine: le diaphragme procure un massage de toute la région cardiaque et abdominale

Purification et entretien de la souplesse du tissu pulmonaire; amélioration des échanges gazeux

Entretien de la souplesse et de la mobilité du diaphragme

Entretien de la sangle abdominale

Massage des organes internes, tonification du tube digestif et de ses glandes annexes

Tonification et apaisement du système nerveux neurovégétatif.



Indications de Kapalabhati



Fortifie le foie, la rate, le pancréas et les muscles abdominaux.

Améliore la digestion.

Dégage les sinus, rafraîchit les yeux.

On se sent revigoré.

Kapala Bhati est un pranayama qui réchauffe. De ce fait, il augmente Pitta et réduit Kapha.

Pratiqué doucement, il est favorable pour Vata, car il augmente le niveau global d’énergie.

Accroît la lucidité mentale.

Opère un massage doux du muscle cardiaque.

Stimule la glande thyroïde. C’est un exercice favorable pour les hypothyroïdiens.



Contre-indications



Grossesse

Pas de pratique excessive en cas de stress ou de fatigue: Vata s’en retrouve exacerbé. Une pratique justement dosée augmente le niveau d’énergie global.

Capacité respiratoire diminuée

Problèmes d’oreilles (otites, …) ou d’yeux (décollement de la rétine, glaucome)

Tension artérielle excessive ou insuffisante

Ne pas pratiquer Kapala Bhati si le nez se met à saigner ou si le sang commence à battre dans les oreilles ou qu’elles deviennent douloureuses, qu’elles bourdonnent, …

Convalescence.



 
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